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Le plan Saconney

17/09/2007
 
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Carte générale des lignes aériennes fonctionnant en Europe en fin 1921
(revue l’Aérophile de novembre 1921 - collection du Musée de l’Air et de l’Espace - droits réservés)

En novembre 1918, la France se trouva à la tête d’un capital aéronautique considérable. Elle possédait en premier lieu un grand nombre d’avions dont, toutefois, la conception militaire favorisant vitesse et maniabilité rendait ceux-ci difficilement convertibles en outils de transports. Elle disposait, par contre, de plusieurs usines de constructions aéronautiques, qui n’aspiraient qu’à continuer à fonctionner, ainsi que de nombreux pilotes et mécaniciens aguerris qu’il eût été dommage de laisser retourner à leurs anciennes activités civiles.
Chef du Service de la Navigation Aérienne créé pour imaginer cette conversion en situation de concurrence avec nos Alliés européens, le lieutenant-colonel Saconney posa pour premier principe que, sauf autre élément déterminant tel que la coupure maritime entre Paris et Londres, le développement d’une aviation commerciale ne pouvait être envisagé que sur des distances suffisamment longues pour que la rapidité de liaison donne avantage à l’avion sur le train.
Il estima, en second lieu, qu’il revenait à l’État de prendre en charge l’aménagement et la gestion des routes aériennes mises à la disposition des compagnies. Routes qui seraient jalonnées, à intervalles de cinquante à quatre-vingts kilomètres, soit par des stations d’escale soit par de simples terrains de secours permettant à un avion de se poser en cas de difficulté.

Couvrant la métropole et l’Afrique du Nord, le plan Saconney prévoyait au départ de Paris cinq routes internationales, à destination de Londres et de Bruxelles pour les deux premières, et passant respectivement, pour les trois autres :

  • par Strasbourg, en direction de l’Europe centrale ;
  • par Bordeaux, afin d’atteindre l’Afrique du Nord en traversant l’Espagne ;
  • par Lyon - avec bifurcation à Dijon vers la Suisse et à Avignon vers Perpignan puis le Maroc par la côte espagnole - et Marseille en direction de l’Italie ou d’Alger via Ajaccio.

Le plan Saconney prévoyait également que ce réseau serait ultérieurement complété par des routes transversales reliant les ports :

  • du Havre à Paris ;
  • de Saint-Nazaire à Tours, Lyon et la Suisse ;
  • de Bordeaux à Marseille et l’Italie.
    La robustesse acquise par les avions mis en service sur les lignes régulières et la fiabilité accrue de leur motorisation eurent pour conséquence, dès le milieu des années vingt, de mettre en cause la nécessité, réelle à l’origine, de jalonner les routes aériennes par des chapelets de terrains de secours.
    Il apparut par contre, à la même époque, que l’accroissement devenu prévisible du parc aéronautique privé obligeait chaque ville atteignant une certaine importance à "se préoccuper d’agencer son aéroport d’où, d’un coup d’aile, on pourrait rejoindre la route la plus proche, comme on quitterait celle-ci pour atterrir aux portes de la ville".
 
 
 

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