Histoire

publié le 22 novembre 2007 (modifié le 21 octobre 2013)

Projet muséographique de la première moitié du XXe siècle, le musée des travaux publics faisait partie des équipements culturels parisiens créés dans les années trente.

Projet muséographique de la première moitié du XXe siècle, le musée des travaux publics faisait partie des équipements culturels parisiens créés dans les années trente : musée des Colonies de la porte Dorée, musées d’art Moderne de la ville de Paris et de l’État au palais de Tokyo, musées de la Marine et des monuments français réinstallés au palais de Chaillot où sont également ouverts le musée de l’Homme et le musée des Arts et Traditions populaires. Dans sa visée pédagogique, le musée des Travaux Publics présentait des parentés avec les musées des Sciences et Techniques et d’Anthropologie contemporains.

Le but initial de ce projet était de présenter la sélection des ouvrages dont le ministère des Travaux Publics était responsable, ainsi que ses projets. Tout d’abord c’était pour l’Exposition Internationale des Arts et Techniques de 1937 que cet édifice devait prendre vie. Après un concours organisé en 1932 pour le choix du site, ce sera la colline de Chaillot qui sera choisie. Auguste Perret propose alors un ambitieux projet dans lequel il veut : "déraser le Trocadéro, ce pauvre vestige de l’Exposition de 1878". Mais les émeutes du 6 Février 1934 font changer le gouvernement et donc tomber les soutiens du projet. Il sera bientôt relancé par Edmond Labbé qui est le nouveau ministre. Malheureusement il est trop tard, et le nouveau musée ne pourra participer à la nouvelle exposition.

Plan du Rez de Chaussée du Musée
Albert Lebrun

Le 4 Mars 1939, le Président de la République Albert Lebrun va inaugurer ce musée d’un genre nouveau. Il devra fermer ses portes 16 ans plus tard. Les collections fournissaient une sorte d’instantané des réalisations, mais aussi des modes de pensées des ingénieurs de l’époque.

Ce qui faisait la particularité de cet établissement était que la collection dû être construite de toutes pièces pour son ouverture. Certes, elle a ensuite été complétée par le dépôt des maquettes d’études de la galerie de l’École Nationale des Ponts et Chaussées (en 1954), maquettes plus anciennes et d’une réalisation plus fine que celles du musée proprement dit.

Les premières collections suivaient deux tendances principales. Tout d’abord il y avait l’interactivité qui rapprochait le musée de son voisin le palais de la Découverte. Le but était donc clairement didactique, et pédagogique, tant pour les ingénieurs que pour les étudiants. D’autre part, les collections étaient tournées pour l’essentiel vers l’actualité, et se renouvelaient donc au rythme de celle-ci.

Dès 1937 les administrations, et certaines institutions para-publiques furent sollicitées pour constituer les fonds du musée. À l’ouverture, le rez-de-chaussée comprenait les sections "combustibles liquides", voies navigables, et ports maritimes, ainsi qu’une salle de cartes. Au premier prirent place la section des routes, avec un stand pour les ponts de Paris, et un autre pour le Nivellement Général de la France. Finalement, au second se trouvaient les sections des carburants de synthèse, des mines, des forces hydrauliques, ainsi que les salles de la carte géologique.

La section des routes du premier étage, vers 1939
 

Le bâtiment du musée est fortement convoité par l’Assemblée de l’Union Française qui doit alors quitter ses bureaux de Versailles. L’établissement n’a eu une moyenne de visites que de 15 à 30 000 par an. Il est dur de le défendre, même si le bâtiment n’est pas particulièrement adéquat à l’hébergement d’une Assemblée.
Le 7 Août 1955 sera votée la loi d’affectation des locaux. Le rapporteur André Cornu dira alors : "d’abord, parce que le musée des travaux publics est d’un intéret réduit, où ne se trouvent que quelques maquettes.(...) C’est une réinstallation qui ne s’impose pas". Les maquettes sont alors mises en caisses. Certaines seront récupérées par les organismes responsables (RATP, SNCF...), les autres finiront dans un hangar. Le bâtiment, lui n’abritera que partiellement et brièvement cette Assemblée de l’Union Française (décolonisation oblige). Il sera ensuite occupé par le Conseil Économique et Social, qui y siège toujours.

En 1989, Jean MILLIER, ancien président directeur général de l’Établissement Public d’Aménagement de la Défense (EPAD), fonde une association pour le sauvetage du patrimoine de l’ancien musée des travaux publics, et en 1990, un vaste local fut aménagé dans les sous-sols de la Défense pour stocker et inventorier systématiquement les 349 caisses du musée. Un inventaire raisonné est alors conduit par l’association, publié en 1991 par le Ministère de l’Équipement, du Logement, des Transports et de la Mer et diffusé par les presses de l’ENPC : « Un musée retrouvé - le musée des travaux publics » de Jean Mesqui et Bertrand Lemoine. 155 p.

Une exposition de 40 maquettes préalablement restaurées, est réalisée en avril-mai 1991 dans les galeries de l’EPAD. Un colloque « quel avenir pour le musée des travaux publics ? » à la Grande Arche, accompagne l’exposition, le 17 juin 1991. Certaines pièces sont depuis prêtées lors d’expositions temporaires. Voir contenu détaillé

Projet pédagogique et promotionnel présentant des maquettes animées, le musée retrouvera sur le site du Ministère de l’Équipement, du Logement, des Transports et du Tourisme, ceux pour qui il a été conçu il y a près de 60 ans : les écoliers, les étudiants et les professionnels. Appartenant à la vaste famille des musées de société, ses collections réintègrent par ce biais un riche patrimoine historique et culturel.

Pendant des années d’incertitudes, de 1990 à 2004, ce qui restait des maquettes a été entreposé dans un sous-sol de La Défense, près de Paris, appartenant à l’EPAD. Celui-ci devant être libéré, les maquettes ont été confiées en gestion par le ministère de l’Équipement (DAFG) à VNF.
A cette occasion, la collection a été classée musée national, et le conservateur du musée (national) de la Batellerie, à Conflans Sainte-Honorine, a été chargé d’en refaire un inventaire. Elles ont été remises dans de nouvelles caisses, les anciennes étant hors d’usage. Après que quelques 5000 photos de ces maquettes aient été prises, elles ont été transférées, temporairement, dans un local dépendant de VNF à Lyon.

 

Le coût d’un musée réel, en réalisation et en exploitation, ainsi que le fait que les maquettes ne correspondent qu’à un moment de l’histoire des TP, ont fait définitivement renoncer à l’idée d’un nouveau musée réél. L’étape suivante, en cours pour libérer ce local, consiste donc à susciter l’intérêt de divers musées pour accueillir ces maquettes, à charge pour eux de les remettre en état et de les suivre. Lorsque le destinataire de chaque maquette aura été choisi, celles-ci seront dispersées entre ces musées. Avant cette dernière étape, qui sonnera le glas de l’ancien musée sous sa présentation réelle, une exposition de certaines maquettes est prévue à Conflans Sainte-Honorine au printemps 2005.