RÉSAL Jean

publié le 29 novembre 2007 (modifié le 8 février 2009)

(1854 - 1919)

(1854 - 1919)

Jean Résal est sans doute le plus grand concepteur de ponts métalliques de la fin du XIXe siècle, comme Séjourné pour les ponts en maçonnerie, avec ces différences que la construction métallique est toujours une technique très vivante aujourd’hui, et que les réalisations les plus célèbres de Résal se trouvent à Paris sur la Seine, vues et appréciées par tous les visiteurs du monde.

II est le fils d’un inspecteur général des Mines, savant lui-même et professeur de mécanique à l’École polytechnique. Brillant élève, il est affecté à Nantes à la sortie de l’ École, et il y réalise tout de suite un important ouvrage ferroviaire, franchissant la Loire par des arches en fer laminé de 60 m, surbaissées au 1/10, sur des piles fondées à l’air comprimé. Il en fait tous les calculs avec une structure innovante d’arcs encastrés recevant par des montants verticaux les charges du tablier et en dirige personnellement le montage sans aucun accident. Après cet ouvrage, détruit lors de la dernière guerre et remplacé par un viaduc en béton, il construit aussi, à Nantes, un remarquable pont routier sur l’Erdre, toujours en service, le pont de Barbin, appelé depuis pont de la Motte rouge, arc métallique surbaissé de 80 m d’ouverture, le premier grand ouvrage en acier laminé.
Il est alors nommé à Paris au service de la navigation, avec la charge des ponts de Paris, ce qui lui donne l’occasion d’étudier et de réparer efficacement des ouvrages existants, comme le pont d’Arcole. Il y réalise également ses deux chefs-d’œuvre bien connus :

Pont Mirabeau
  • le pont Mirabeau, arc très surbaissé, au 1/16, de 100 m d’ouverture, la portée centrale étant équilibrée par des consoles ancrées dans les culées.
  • et le pont Alexandre III, pour l’Exposition universelle de 1900, arc de 109 m de portée encore plus surbaissé, en acier moulé à haute résistance, avec trois articulations, d’une largeur de 40 m, dont 20 m de chaussée, son énorme poussée ayant nécessité d’immenses caissons métalliques pour les fondations des culées à l’air comprimé. Professeur des cours de ponts et de mécanique à l’École des Ponts et Chaussées, il devient, en outre, membre puis président de la commission du béton armé. Comme pour Séjourné, on a donné son nom à une rue de Paris en 1934, dans le XIIIe arrondissement.