Cours Saint-Émilion

publié le 25 avril 2008

 

 

La station "Cours Saint Emilion", implantée dans la ZAC de Bercy sous la cour Chamonard, fut bâtie à ciel ouvert à l’abri d’une enceinte étanche en parois moulées et par phases alternées respectant la desserte des négociants encore présents sur le site.
Le bétonnage au sol de la dalle de couverture permit d’achever sans retard les travaux d’aménagement du parc de Bercy. Une interruption de deux mois fut cependant réservée afin que les services archéologiques puissent effectuer tous les relevés nécessaires, suite aux découvertes intéressantes mises à jour lors des terrassements en cet endroit (pirogues datant de quatre mille avant J.C, etc...).

Ce secteur se décompose en trois tronçons, entre "Bercy" et "Bibliothèque François Mitterrand" :

  • un premier tronçon qui est constitué d’ouvrages du souterrain courant de 7,30 m d’ouverture sur 857 m de longueur compris entre le tympan de la station "Bercy" et le tympan de la station "Cours Saint Emilion". Le tunnel se situe dans les calcaires avec, aux extrémités, la voûte en affleurement dans les alluvions anciennes réalisés par la méthode traditionnelle.
  • le second tronçon englobe les ouvrages de la station "Cours Saint Emilion" et de ses accès. Structure cadre de 16 m d’ouverture sur 129 m de longueur, implantée sous le parc de Bercy, elle est inscrite dans les alluvions et les calcaires grossiers.
  • et enfin le troisième tronçon comprend les ouvrages du souterrain courant de 7,30 m d’ouverture sur 529 m de longueur compris entre le tympan de la station "Cours Saint Emilion" et le tympan de la station "Bibliothèque François Mitterrand". Le tunnel est calé dans les calcaires avec cependant la voûte émergeant dans les alluvions anciennes.

 

Les traitements de sol

Lorsque la couverture de calcaire était inférieure à 2 m d’épaisseur, des traitements de consolidation et d’étanchement des terrains furent exécutés depuis la surface. Les injections ont été effectuées à partir de forages équipés de tubes à manchettes. Les coulis injectés étaient composés d’un mélange de bentonite ciment dosé à 300 kg de ciment et 30 kg de bentonite par m3 de coulis et/ou d’un mélange de silicate, d’un réactif et d’eau pour les traitements de consolidation et d’étanchement. Les nombreux sondages de reconnaissance préalable avaient mis en évidence près de la Seine l’hétérogénéité des couches traversées : fracturation très importante de la partie supérieure du calcaire, avec de fortes perméabilités, alternance de limons pollués et de sables fins dans les alluvions, sans cohérence précise, couche de calcaire complètement désagrégée voire disparue en fond de Seine, proximité immédiate des sables et argiles du Sparnacien, très compacts et difficilement injectables.
L’ensemble de ces données, peu encourageantes à priori, guida le choix des méthodes d’éxécution.

emil3_cle242914.jpg
emil3_cle242914.jpg
(© RATP)

Méthode traditionnelle

La longueur du projet impliquait de prévoir une exécution fortement mécanisée en souterrain, à l’abri de traitements de consolidation et d’étanchement pour s’affranchir des venues d’eau. A partir de puits de service, les travaux furent entrepris de manière classique par demi-sections supérieure puis inférieure. Les terrassements étaient réalisés à l’aide d’une machine à attaque ponctuelle ou d’une pelle mécanique, par travées de 1,60 m, avec mise en place d’un soutènement à l’avancement.

emil2_cle2a12a1.jpg
emil2_cle2a12a1.jpg
(© RATP)

Des panneaux de drainage des eaux de ruissellement furent mis en place avant bétonnage de la voûte par anneaux de 6,40 m réalisés au plus près du front de taille.
Le terrassement de la partie inférieure du souterrain suivait en commençant par l’exécution d’un stross, puis par la réalisation de la reprise en sous-oeuvre de la voûte reposant sur le calcaire par son élargissement aux naissances. Les travées étaient de 6,40 m dans cette phase, la partie inférieure étant bétonnée en une seule fois.
On termina les travaux par des injections de blocage sur tout le périmètre des ouvrages.