COYNE André

publié le 2 octobre 2007 (modifié le 8 février 2009)

(1891 - 1960)

(1891 - 1960)

Le grand spécialiste moderne des barrages.

Le nom d’André Coyne reste attaché à celui de plusieurs grands barrages prestigieux. Ses fonctions au port de Brest lui donnent l’occasion de contacts avec Caquot et Freyssinet, concepteur du grand pont de Plougastel, dont Coyne contrôle l’exécution. Il a alors l’occasion de mettre en pratique plusieurs de ses inventions, notamment celle des murs de soutènement à échelles, dont les parements sont ancrés dans le massif à soutenir, et l’auscultation des ouvrages par cordes vibrantes.

Lorsqu’il est nommé, en 1928, ingénieur en chef du service d’aménagement de la haute Dordogne, - quittant alors avec regret les côtes bretonnes - c’est pour lui le point de départ de sa brillante carrière de constructeur de grands barrages.

Avec la construction du barrage de Marèges (1930-1935), il remet à l’honneur la technique des barrages-voûtes en France et expérimente le procédé du déversoir en saut de ski, qui, en lançant l’eau en vitesse à grande distance du pied du barrage, permet d’éloigner des fondations les érosions du lit.

Coyne invente aussi le système des procédés acoustiques d’auscultation et le principe de l’ancrage des ouvrages par des tirants d’acier prétendus. Citons, comme autres barrages-voûtes en France, Saint-Etienne-Cantalès, l’Aigle, Bort-les-Orgues, Chastang, puis des barrages à voûtes multiples témoignant d’une technique toujours plus poussée, Grandval et Roselend, et, en Rhodésie du Sud, le barrage de Kariba. Au total, au cours de sa carrière, il construit une centaine de barrages dans le monde entier, dont un quart à l’étranger.

Reconnu comme le maître incontesté en ce domaine, il se voit chargé du cours de grands barrages à l’École des ponts et chaussées. Sa carrière est consacrée, au plan national, en 1935, par le poste de chef du service technique des grands barrages et, au plan international, en 1945, par la présidence de la Commission internationale des grands barrages, fonction qu’il exerce jusqu’en 1952. En outre, il reçoit, en 1953, le grand prix d’architecture pour l’ensemble des grands barrages qu’il a conçu et réalisé.

En 1947, il prend sa retraite de l’Administration pour fonder son bureau d’études d’ingénieur-conseil.

Il décède en 1960, après avoir été profondément affecté par la rupture du barrage de Malpasset le 2 décembre 1959.