BIENVENÜE Fulgence

publié le 29 novembre 2007 (modifié le 8 février 2009)

(1852 - 1936)

(1852 - 1936)

Connu comme "Le père du métropolitain" ce latiniste et helléniste de formation choisit, contre toute attente, d’entrer à l’école Polytechnique, puis à l’école des Ponts et chaussées, entamant alors une carrière de cinquante-huit ans, exceptionnellement longue pour un ingénieur.

Son premier poste à Alençon annonce sa spécialisation future, puisqu’il s’occupe de la construction de chemins de fer. Cependant sa carrière manque de se terminer six ans plus tard, suite à un tragique accident du travail, qui le laisse amputé du bras gauche.

Puis, à partir de 1886, nommé à la Section municipale de la voie publique de Paris, il montre pleinement ses capacités au cours de travaux comme la percée de l’avenue de la République ou la construction du funiculaire de Belleville. En 1895 le Conseil municipal de Paris reprend, à l’approche de l’Exposition internationale de 1900, le projet d’un chemin de fer métropolitain, en gestation depuis une quarantaine d’années, et fait appel à Bienvenüe.

 

Sa proposition de métro à traction électrique est adoptée. Les travaux commencent en 1898 et il dispose de deux ans pour construire et mettre en service la première ligne du chemin de fer urbain souterrain (ou "métropolitain") reliant la porte de Vincennes à la porte Maillot. C’est chose faite et les visiteurs de l’Exposition universelle apprécient la rapidité et l’efficacité de ce nouveau moyen de transport, à tel point que le Conseil municipal de Paris décide de créer un véritable réseau souterrain. Bienvenüe dirige par la suite l’extension du réseau qui sera réalisé en un temps exceptionnellement court puisque à la veille de la guerre, en 1914, l’essentiel de celui-ci est achevé. Lorsqu’il prend sa retraite en 1932, 139 km de voies sont empruntés chaque année par 800 millions de voyageurs.

 

Outre ses fonctions au métropolitain, Bienvenüe assure, depuis 1911, la direction du Service de la voie publique, de l’éclairage et du nettoiement. C’est alors que la guerre met en évidence le rôle primordial que peuvent avoir les voies d’eau pour l’économie de la région parisienne. En 1917 il reçoit la direction du Service du port de Paris ; il doit étudier les travaux à exécuter tant sur les canaux municipaux que dans la région parisienne. Il dirige divers chantiers dans ce domaine, comme l’amélioration du canal Saint-Denis, la création du port de Gennevilliers, etc., tout en poursuivant l’extension du réseau métropolitain.

A 80 ans, après avoir obtenu plusieurs prolongations d’activité, il prend une retraite bien méritée. Il peut alors retourner à ses premières amours et se consacrer à la lecture des auteurs grecs et de ses deux philosophes préférés, Pascal et Descartes.