Dépollution et réhabilitation

publié le 5 novembre 2009 (modifié le 20 décembre 2009)

 

Un site est dit pollué lorsqu’il représente un risque pérenne pour la santé humaine ou l’environnement, du fait de l’infiltration de substances polluantes ou de la présence d’anciens dépôts de déchets. En France, on dénombrerait 250 000 à 300 000 anciens sites industriels potentiellement pollués. Ils sont consultables en ligne sur la base de données BASIAS, gérée par le Ministère de l’Écologie et le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières). Un second inventaire, BASOL, répertorie les sites potentiellement polluants encore en activité, évalués à un peu plus de 4000 aujourd’hui.

Les principales sources de pollution sont :

  • les anciennes décharges réalisées sans respecter les règles actuelles,
  • les déchets et produits chimiques abandonnés suite à la faillite de l’entreprise ou à des pratiques frauduleuses,
  • les retombées, infitrations et déversements de substances polluantes.

La dépollution (ou décontamination) consiste dès lors à traiter les sols afin de les ramener à un état de risque acceptable, compatible avec les activités qui s’y tiendront, voire éliminer toute pollution. C’est une activité en plein essor, à la fois pour protéger l’environnement et la santé humaine, et du fait du besoin croissant en terrains constructibles.

Site SO.DA.IN à Saix (81)
Site SO.DA.IN à Saix (81)
© ADEME

De l’étude de sol à la remise en état

La première étape repose sur les études de sol, c’est-à-dire l’analyse de l’état et du niveau de pollution des sols concernés. Celle-ci se compose d’une étude terrain, visant à identifier les polluants, puis d’une vérification en laboratoire concernant la composition chimique de ces derniers.

Une fois les polluants identifiés, il est alors possible de passer à la phase de traitement.
Celui-ci peut être de trois ordres :

  • physicochimique (injection d’un liquide ou d’un gaz pour dissoudre les éléments identifiés),
  • thermique (par chauffage, notamment pour les hydrocarbures),
  • biologique (utilisation de bactéries pour dégrader les molécules concernées).

Ces traitements peuvent s’effectuer sur le site, soit directement dans le sol, soit après excavation et pompage, ou dans un centre spécialisé implanté à l’extérieur.
Depuis 2007, toutes les ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement) sont tenues de procéder à une remise en état des sols accueillant leurs installations. Cela concerne notamment les carrières, au nombre de 5100 sur le territoire national en 2006. Cette remise en état s’appuie sur les études de sols préalables réalisées conformément aux méthodologies prescrites par les services compétents (Ministère de l’Écologie). En cas de défaillance, c’est l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Environnement) qui coordonne les interventions nécessaires.