Développement durable, sécurité

publié le 27 juin 2008 (modifié le 1er septembre 2008)

 
Développement durable et sécurité sont des éléments essentiels de la conception et de la réalisation des chantiers.

 

Les impacts sur l’environnement de chaque ouvrage, ou de chaque solution envisagée pour celui-ci, doivent être évalués, et tous les aspects du développement durable pris en compte.

Une étude d’impact doit donc être réalisée dès que l’opération a une certaine importance.

Cette étude d’impact, le plus souvent confiée à des bureaux d’ingénierie spécialisés, examine divers points pour chaque tracé considéré d’abord comme envisageable :

  • Proximité de monuments ou sites protégés ;
  • proximité de zones urbanisées ;
  • proximité de zones naturelles protégées ;
  • impact sur le paysage, tant de l’ouvrage lui-même que des emprunts ou dépôts de matériaux, nécessaires à sa réalisation ;
  • impacts sur le régime des eaux, de surface ou souterraines ;
  • impacts temporaires des installations de chantier ;
  • nuisances temporaires (bruit, poussières, pollutions) pendant la réalisation du chantier.

Pour chaque tracé possible et chaque nuisance, doivent être examinés les remèdes pour limiter ou mieux éliminer celle-ci.
Le résultat de ces études a le plus souvent un grand poids dans le choix de la solution retenue.

Il est aussi indispensable d’effectuer une enquête publique spécifique sur l’effet de l’ouvrage sur le régime des eaux, et sur les modalités retenues pour minimiser cet effet.

Il peut y avoir, lorsque c’est justifié, à réaliser une enquête publique sur les pollutions susceptibles d’être créées par l’ouvrage.

La prise en compte du développement durable influe aussi fortement sur la conception et la conduite des chantiers , pour limiter l’impact de leurs nuisances et de leurs pollutions (bruit, poussières, déchets), ainsi que leur impact sur les paysages.

A titre d’exemple, les huiles de chantier usagées :
Auparavant elles étaient laissées sur place. Ensuite elles ont dû être récupérées et enfouies dans un lieu approprié. Maintenant, elles doivent être non seulement récupérées, mais transportées dans une station de traitement spécialisée payante, parfois fort éloignée du chantier.

Chacune de ces évolutions était évidement très souhaitable, mais elles ont entraîné des coûts supplémentaires de récupération, de stockage, de transport et de traitement, et des modes d’organisation, que l’entreprise doit intégrer dans la préparation de son offre.

La même situation s’est produite pour les autres nuisances :

  • pour le bruit par le carrossage des machines et parfois l’interdiction du travail de nuit, lorsque le chantier se trouve en zone habitée, même si les bruits causé par les démolitions et les klaxons de sécurité ne peuvent être qu’atténués ;
  • pour les poussières et les boues par l’arrosage des zones d’origine des poussières ou des roues des camions sortant du chantier ;
  • pour l’aspect des lieux par une remise en état très poussée de la zone d’installation du chantier, et le cas échéant par un remodelage complet de l’aspect des zones d’emprunt et de dépôt, avec remise en place de terre végétale et revégétalisation.

A la limite, on parle maintenant de "chantiers furtifs", pour souligner que les chantiers ne se voient quasiment plus.

La sécurité de tout les personnels appelés à intervenir sur le chantier ou à proximité, tant sur l’ouvrage lui-même que sur chacun des matériels utilisés est un autre aspect important à prendre en compte.

Cet élément peut avoir une grande influence sur la conception de l’ouvrage ou sur la définition de son mode de réalisation.

Par exemple, pour le viaduc de Millau , cet aspect a pesé en faveur de la solution acier pour le tablier au détriment de la solution béton, qui aurait nécessité plus de compagnons travaillant plus longtemps à grande hauteur.
Et l’une des grandes fiertés du responsable de ce spectaculaire chantier est de n’avoir eu à déplorer aucun accident grave pendant tout son déroulement.

Concernant la sécurité sur les matériels , on prendra l’exemple des grues, très fréquement présentes sur les chantiers :

Les grues comportent des cables passant sur des poulies en haut de l’engin. Il arrive donc de temps à autre qu’un cable sorte de la gorge de la poulie. Un compagnon, parfois accompagné d’un aide, doit alors grimper tout en haut, souvent à plus de 20 m du sol, pour replacer le cable dans sa gorge.

Autrefois, il se hissait sur les barreaux de l’échelle puis sur les poutrelles de la grue, sans aucune sécurité. Maintenant, les échelles sont entourées de cages de protection (crinolines), et il doit s’équiper d’un harnais, comme sur les voiliers de compétition, et s’accrocher à chaque étape de ses mouvements.

Ce souci de la sécurité est omniprésent sur les chantiers, la plupart affichant le taux d’accidents ou le nombre de jours sans accidents.

Grâce aux diverses mesures prises, parfois imposées par l’Inspection du travail, le taux d’accidents, autrefois élevé, a pu être divisé par plus de 3 en quelques années.