&Eacutevolution de la concurrence

publié le 17 juillet 2008 (modifié le 18 juillet 2008)

 
L’évolution du marché, tant du côté des donneurs d’ordres que du côté des entreprises

Depuis quelques années, les conditions de cette concurrence ont considérablement évolué :

  • Du côté des donneurs d’ordres, les Maîtres d’ouvrage  :

L’État était il y a encore quelques années un très important donneur d’ordre, à travers ses services déconcentrés et les entreprises nationales. Ses procédures faisaient référence du fait de son poids dans les commandes.
C’était le cas tant par le Code des Marchés Publics que par les nombreuses spécifications techniques élaborées par ses services.

Or son rôle s’est considérablement réduit au fil de la décentralisation et des privatisations, puis de la réforme des politiques publiques.

Par contre, l’importance des commandes passées par les Collectivités Locales, les Établissements publics locaux et par les concessionnaires, a beaucoup augmenté, sans que ces donneurs d’ordre aient encore mis en place des organismes techniques pouvant prendre la suite des anciens.

Il en résulte pour les maîtres d’œuvre et les entreprises une incertitude compliquant la préparation des dossiers et des offres.

Par ailleurs, l’intervention des directives européennes conduit à prendre en compte les règles qu’elles imposent, tant au niveau technique que pour les modalités et l’étendue de la consultation.

Et la multiplicité des règles techniques applicables peuvent conduire à ce qu’il y ait des contradictions entre elles sur certains points importants.

  • Du côté des Entreprises  :

La concentration progressive du secteur au cours des dernières années fait qu’il n’y a plus maintenant en France que 3 grands groupes, Vinci, Bouygues et Eiffage, à même de peser significativement sur la plupart des consultations, tant directement pour les grosses opérations, que par leurs filiales locales pour les autres.

Certes, elles sous-traitent beaucoup à de plus petites structures, mais ces dernières n’ont pas de poids dans la discussion de l’offre. Elles ne peuvent que se battre pour obtenir des contrats de sous-traitance dans les consultations lancées par le titulaire du marché principal.

Au niveau local, la maîtrise par des filiales de ces groupes de sources de matériaux (carrières) ou d’installations fixes de fabrication (centrales de béton prêt à l’emploi, centrales d’enrobés) peut leur donner une position dominante pour la préparation des offres. Heureusement, la tendance à l’autonomie des responsables de filiales tempère quelque peu ce risque.

Pour les grandes opérations, le système des concessions ou de Partenariat Publics-Privé (PPP) conduit l’entreprise à s’intéresser de plus en plus aux phases amont, d’étude et de financement, ainsi qu’aux phases aval d’exploitation et de maintenance.
Cela est un autre moyen, indirect et parfois involontaire, de sortir les entreprises petites et moyennes du marché, celles-ci ne pouvant disposer des outils ou de l’assise financière indispensable.

A contrario, l’intervention possible en France de groupes de Travaux Publics venant d’autres pays de l’Union Européeenne aurait pu rouvrir la concurrence. Cependant les procédés sont nombreux pour défendre âprement et efficacement son territoire contre de nouveaux venus.