Effets du comportement différé des matériaux

publié le 24 février 2015 (modifié le 25 février 2015)

Pour être efficace, la précontrainte introduite dans la construction doit être permanente.

Pourquoi les idées d’Eugéne Freyssinet ont-elles abouti ?

Pour être efficace, la précontrainte introduite dans la construction doit être permanente. Pour cela les armatures tendues ne doivent pas subir dans le temps de trop forts raccourcissements qui se traduiraient par des pertes d’efforts trop importantes. Or, dans toutes les solutions imaginées avant E. Freyssinet, c’était ce qui se passait, entraînant l’échec des expériences.

Eugène Freyssinet fort de son expérience acquise pendant la première partie de sa carrière au cours de laquelle il a conçu et réalisé des ouvrages en béton armé remarquables et grâce à toutes les recherches qu’il a conduites sur les matériaux tant béton qu’acier a pu comprendre les raisons précises de ces échecs précédents et y apporter des solutions.

Ayant compris et surmonté les raisons de ces échecs, il précise dans son brevet déposé le 2 octobre 1928 ce que devait être la précontrainte du béton et comment la réaliser. Ce brevet s’appliquait alors à des pièces préfabriquées précontraintes par adhérence. Un brevet ultérieur déposé le 28 aout 1939 complétait le premier en définissant un « système d’ancrage des câbles sous tension destinés à la réalisation de construction en béton précontraint ».

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L’ensemble de ces deux brevets donnait alors naissance à un matériau nouveau « le béton précontraint »

Parmi les différentes définitions qu’Eugène Freyssinet a pu donner du béton précontraint une des plus précise est la suivante :
« Précontraindre une construction, c’est la soumettre avant l’application des charges, ou simultanément à celles-ci, à un système de compressions permanentes, créées en vue de déterminer des contraintes permanentes supplémentaires, en général de direction opposée à celles dues au système des charges et telles que les contraintes résultant de l’ensemble des forces appliquées - charges et pré-compressions - ne comportent pas d’effort de traction que le matériau utilisé ne puisse supporter en complète sécurité. »

Ainsi, comme le précisait Yves Guyon (*), « Dans le béton précontraint, l’acier n’est pas une armature, mais une force. »

  • Retour sur l’invention de la précontrainte et le brevet déposé en 1928 par l’ingénieur Eugène Freyssinet : vidéo sur YouTube : www.youtube.com/
  • (*) Principal collaborateur d’Eugène Freyssinet, Yves Guyon (1899-1975) participe à la construction des grands ouvrages faits par la STUP (Société Technique pour l’Utilisation de la Précontrainte créée en 1943 et prend, en 1976, le nom de Freyssinet) qui met en œuvre les idées novatrices et ses brevets en donnant une forte impulsion au développement de l’emploi du béton précontraint dans le monde. En particulier il met au point avec Pierre Lebelle les principes de calcul des structures en béton précontraint et met à la disposition des ingénieurs les méthodes de dimensionnement à la conception des ouvrages en béton précontraint.