Généralité de Paris (2)

publié le 12 mai 2010 (modifié le 20 mai 2010)

 

Le 10 mai 1701, après une première inspection dont nous n’avons pas la date, frère Romain, architecte commis par arrêt du Conseil d’Etat pour la visite des ouvrages des ponts, chaussées,et bâtiments du roi, en la généralité de Paris, dresse un second procès-verbal de visite de l’église de Trappes, lequel règle les augmentations devant être faites au premier devis des réparations de cette église.

La protection des chemins contre les méfaits des eaux de ruissellement devient également une préoccupation importante de frère Romain qui, dans un devis établi le 12 septembre 1702, prescrit que sur le chemin de Trappes il faut prévoir d’aménager, sur une distance de 596 toises, des fossés de 16 pouces de profondeur, et de 2,5 pieds d’ouverture ; Sur toute la longueur des fossés 30 passages sur ponceaux seront aménagés pour permettre aux Princes d’accéder facilement dans les bois ou ils chassent.

Un bail du 15 mai 1703, précise : on profite du pavage de deux chaussées de 720 toises et de 322 toises sur le chemin de Normandie, entre Villepreux et Rocquencourt pour les border de chaque côté d’un fossé distant de 9 pieds de la bordure du pavé, son ouverture étant de 3 pieds. On remarque ici, en comparant l’ouverture de ce fossé avec celle préconisée précédemment en 1702, qu’aucune norme n’existait pour le dimensionnement de ces ouvrages. Cette lacune sera comblée par un arrêt royal le 26 mai 1705, rendant obligatoire l’aménagement des fossés normalisés afin de protéger les chaussées contre le ruissellement des eaux ; cette prescription répondait au souci d’éviter les dommages causés par les incidents météorologiques, comme celui signalé par frère Romain dans un devis du 2 juin 1703, définissant les ouvrages de cailloutage et autres qu’il est nécessaire de faire pour rétablir en plusieurs endroits, à Pontchartrain, et à Neauphle, le grand chemin de Normandie, de Bretagne et autres qui ont été gâtés par l’orage du 30 mai dernier.

On voit alors apparaître l’idée de continuité dans l’aménagement d’un itinéraire : c’est ainsi que frère Romain, en 1703, justifie le rattachement de plusieurs sections pavées sur le chemin de Normandie près de Vaucresson, en écrivant que les ouvrages ci-devant faits sur cette route deviendraient inutiles si lesdites pièces n’étaient pas jointes ensemble. Sur ce même chemin, une chaussée de 45 toises avait été accolée à un pièce achevée en 1699, entre les haies du Chesnay pour rejoindre le pavé de Rocquencourt.

En 1704, l’entrepreneur du pont d’Aisy-sous-Rougemont découvre que le fond du lit de la rivière, trop meuble, nécessitait des piles plus solides que celles prévues au projet ; frère Romain reconnaissant la véracité des faits allégués par l’entrepreneur augmente le devis initial de 1 500 livres.

Pont de Grez-sur-Loing

 

Les vieux ponts médiévaux de Nemours et de Grez-sur-Loing, sont l’objet d’un édit du Roi le 19 avril 1704, qui ordonne la reconstruction des ponts de Nemours et de Grez-sur-Loing, selon les projets dressés par frère François Romain, jacobin, inspecteur des ponts et chaussées et autres ouvrages publics de la généralité de Paris.

Pour le pont de Grez, les travaux commencent rapidement comme le confirme le tarif du péage approuvé le 24 juillet 1704, applicable au bac mis en service, pendant le rétablissement du pont de Grez. Cet important ouvrage comporte dix arches : les trois première en plein cintre, côté Grez, ont 4,20 ; 4,70 ; et 4,70 m. d’ouverture. Les trois suivantes ont 6,50 m. d’ouverture, et l’arche centrale donnant passage au lit principal de la rivière 7,80. Les trois arches de décharge, sous la chaussées côté Montcourt, sont aujourd’hui en anse de panier, et sont vraisemblablement de réalisation postérieure. Notons qu’en 1901, une des arches intermédiaire portait en clef de voûte uns pierre gravée d’une fleur de lys, et la date de 1704 (*).

Par contre pour le pont de Nemours, toujours en ruine à la fin du XVIIIème siècle, il semble que le projet de frère Romain ne fut pas exécuté.


(*) Sadler (Fernande), Promenade archéologique à Grez-sur-Loing, Fontainebleau, 1901.