Grands travaux à 20 m sous terre

publié le 4 mai 2008 (modifié le 12 mai 2008)

 

Météor se trouve situé dans deux zones géologiques distinctes.
D’une manière générale, les stations réalisées en souterrain sont inscrites dans le calcaire grossier et les marnes et caillasses. Celles construites à ciel ouvert ("Gare de Lyon", "Bercy", "Cours Saint Emilion" et "Bibliothèque François Mitterrand") ont leur radier dans le calcaire grossier.
La RATP décida très rapidement en 1990 de compléter les informations déjà importantes en sa possession sur le qualité des soles par la réalisation de cinq puits d’essais.

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(© RATP)

Début 1992 fut entreprise une deuxième série de douze puits, essentiellement sur le tronçon Sud de la ligne. Ils étaient dimensionnés pour servir de puits de service, et par la suite, d’ouvrages de ventilation ou d’épuisement.

Depuis le 15 octobre 1998, les voyageurs de l’Ile de France peuvent donc emprunter METEOR, ligne 14 du réseau de métro, première desserte parisienne entièrement automatique. Reliant les stations "Bibliothèque François Mitterrand" et "Madeleine" en 12 minutes, elle offre aux clients de la RATP une qualité de service qui préfigure ce que pourrait être le métro du futur.

Météor pourrait être en effet prolongé dans l’avenir :

  • au nord-ouest vers le Port de Gennevilliers, au-delà de la RN 186. Cette extension utiliserait, en l’adaptant, la branche "Asnières-Gennevilliers" de la ligne 13 du métro, depuis l’est de la station "Brochant" jusqu’à son terminus actuel "Gabriel Péri/Asnières-Gennevilliers", et son prolongement retenu par le douzième Plan Etat-Région 2000/2006 ;
  • au sud vers Maison Blanche, éventuellement plus loin en direction d’Orly.
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(© RATP)

Le Tunnelier

Entièrement souterrain, Météor s’inscrit dans un environnement particulièrement dense en surface (immeubles d’habitations et de bureaux, commerces, monuments, axes routiers) et en sous-sol (lignes de métro et de RER, grands parcs de stationnement, collecteurs, concessionnaires importants).

Le Tunnelier a participé très activement à la réussite du projet.

La coupe géologique montre les différents horizons rencontrés par le tunnel Météor qui se situe à 25 m sous le sol de Paris, entièrement dans la nappe phréatique.

Les terrains traversés ont été principalement :

  • le calcaire grossier du lutétien et le toit du sable du cuisien, entre Bastille et Pyramides ;
  • les marnes et caillasses, entre Pyramides et le square Louis XVI ;
  • Les alluvions anciens et le calcaire grossier entre Bastille et Tolbiac-Nationale.
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(© RATP)

Le tunnelier Sandrine

A partir d’une conception et d’un cahier des charges établis par les services techniques des entreprises réalisatrices du gros-œuvre, et en s’appuyant plus particulièrement sur des spécifications précises avancées par Bouygues à la lumière des enseignements tirés du tunnel sous la Manche, la fabrication du tunnelier a été confiée à la Société HDW à Kiel en Allemagne.

Il fut construit puis assemblé sur le site en 16 mois au total. Il était composé de deux éléments principaux :

-  le bouclier de 11 m (600 t), dont la jupe traînante de 3 m permettait de respecter des rayons de 250 m. C’est la partie active qui exécuta le creusement et garantit le soutènement provisoire du tunnel, avec une roue équipée de 54 molettes et de 110 couteaux, capable de tourner de 0 à 6 t/mn, et une jupe munie de 3 joints de queue : 2 anneaux à brosses métalliques et 1 anneau à lamelles métalliques.

-  le train suiveur qui assurait la logistique, composé de 6 wagons alignés sur 70 m de voie (500 t) dont les fonctions essentielles étaient : hydraulique et pilotage, transformation de l’énergie électrique en puissance hydraulique, injection de mortier de bourrage, télescopage des tuyaux de marinage, pose des voies de service.

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(© RATP)

Les trois fonctions principales du tunnelier, le creusement, le soutènement et la pose du revêtement définitif, furent assurées par :

  • une roue de coupe (100 t) entraînée par dix groupes motoréducteurs d’une puissance de 1800 kW ;
  • une jupe de 8,60 m de diamètre extérieur, tronconique (2 cm) et de 6 cm d’épaisseur ;
  • un érecteur hydraulique à simple bras, muni d’un système automatique de dévissage de la vis de préhension des voussoirs.

Il a comporté de nombreux perfectionnements visant à une sécurité de fonctionnement optimale.
Le choix d’un tunnelier à confinement du front de taille par pression de boue bentonitique régulée par une bulle d’air, technique qui ne nécessite pas de consolidation préalable du sol et où les déblais sont évacués par voie hydraulique, découlait de la nature des couches à franchir. Le transport et le montage des 1200 pièces du tunnelier nécessitèrent la présence d’une cinquantaine de personnes pendant trois mois.

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