GUILLAIN Florent

publié le 29 novembre 2007 (modifié le 8 février 2009)

(1844 - 1915)

(1844 - 1915)

Florent Guillain connaîtra également une brillante carrière d’homme politique.

Chargé en 1868, à sa sortie de l’École des ponts et chaussées, du service du premier arrondissement maritime (qui couvre les ports des départements du Nord et du Pas-de-Calais), il réalise de remarquables travaux pendant les treize années où il est en fonction à ce poste. Il fait construire un port en eau profonde à Boulogne, il améliore et étend le port de Calais, il installe la lumière électrique dans les phares de la Canche...

Mais c’est au port de Dunkerque, à la cause duquel il se dévoue entièrement, qu’il accomplit sa plus grande œuvre. Le port a vu son trafic commercial tripler entre 1840 et 1860 et, malgré l’ouverture de deux nouveaux bassins à flot en 1850, sa capacité d’accueil est insuffisante. Il faut songer à son agrandissement et un nouveau bassin doté d’une écluse est décidé en 1861.

Cependant, c’est seulement en 1874 que la première pierre de cette monumentale écluse, de 117 m de longueur sur 21 m de largeur, sera posée. Elle est réalisée sous la direction de Guillain et achevée en 1880. Sadi Carnot, ministre des Travaux publics présidera à son inauguration. En sa mémoire, elle sera baptisée "écluse Guillain" en 1912.

Il se voit également chargé, en 1881, de la pose d’un câble télégraphique sous-marin entre la France et l’Angleterre pour les besoins de la défense nationale, ainsi qu’en 1884, du service annexe établi dans le port de Boulogne-sur-Mer pour l’expérimentation des différents ciments à prise lente, appelés "ciments Portland".

Il est nommé, en 1886, directeur des routes, de la navigation et des mines au ministère des Travaux publics puis conseiller d’État en service extraordinaire en 1889, inspecteur général des Travaux publics en 1891 et, en 1893, président de la commission des routes nationales. Il est en outre membre du Comité consultatif des chemins de fer, en 1897.

Cette brillante carrière d’ingénieur ne l’empêche pas de mener parallèlement une carrière, tout aussi réussie, d’homme politique. Élu député du Nord en décembre 1896, il prend une disponibilité. En novembre 1898, Duruy étant président du Conseil, il est nommé ministre des Colonies, fonction éphémère dont il démissionne en juin 1899. En 1904, fatigué par les multiples fonctions et responsabilités qu’il a eues à assurer, il fait valoir ses droits à la retraite.