Histoire : jusqu’à 1900

publié le 5 octobre 2007 (modifié le 25 novembre 2007)

 

Au moyen-âge, la brouette était souvent le seul matériel accessible
Au moyen-âge, la brouette était souvent le seul matériel accessible
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Avant l’ère de l’automobile, les TP ont déjà connu trois grandes révolutions techniques qui ont à chaque fois bouleversé leur approche : celle des leviers et des plans inclinés, celle des poulies et des engrenages, et enfin celle du rail et de la vapeur.
La question des méthodes de construction, et à plus forte raison des machines, utilisées dans les siècles passés n’a pas toujours de réponse certaine. On ignore en partie, par exemple, comment furent édifiées les pyramides d’Égypte, tout comme les statues de l’île de Pâques ou les mégalithes de Stonehenge.

En revanche, on connaît les grandes dates d’apparition de nouvelles techniques qui vont, à chaque fois, révolutionner la pratique des travaux publics :

  • Vers l’an 8 000 av. J.-C., les leviers et plans inclinés,
  • Vers l’an 500 av. J.-C., les poulies et engrenages,
  • Vers 1750, le début de la révolution du rail et de la vapeur.

L’influence de l’agriculture et de la guerre

Chacune de ces mutations a correspondu à l’influence d’un autre secteur : l’agriculture pour les leviers, puis l’art de la guerre, à travers les machines de siège, pour les poulies et palans. Mais la transmission des savoirs se fera de manière informelle, et il faudra attendre la Renaissance pour voir s’ébaucher une approche plus rationnelle de la conception des machines.

C’est l’artillerie qui, en provoquant le déclin des forteresses, va paradoxalement stimuler l’innovation dans le secteur de la construction .
Des traités allemands du XVe siècle mentionnent ainsi déjà des grues pivotantes ou encore des scaphandres. En Italie, des machines à dérocter (barges munies de perches actionnées par un treuil) ou des pompes aspirantes sont employées...

Mais jusqu’au XXe siècle, les échanges entre constructeurs sont rares, et certains engins ont ainsi pu être réinventés plusieurs fois. Dès les années 1750, pourtant, en France comme en Angleterre, on tente d’y remédier. Des Académies des sciences sont ainsi mises en place à Londres et à Paris. Plusieurs inventions en seront issues, comme le niveau à lunette de l’abbé Picard.

Des machines issues des mines

Bouclier utilisé pour creuser le tunnel de Wapping à Londres au XIXe siècle
Bouclier utilisé pour creuser le tunnel de Wapping à Londres au XIXe siècle
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Ces innovations coïncident avec l’essor de la vapeur et du rail, qui vont soutenir la croissance des TP à travers tout le XIXe siècle. L’un et l’autre ont été initialement développés pour les mines, les machines à vapeur pour pomper l’eau des galeries, le rail pour transporter le minerai.

Une vague d’apparition de nouvelles machines va dès lors témoigner de l’arrivée à maturité des concepts ébauchés dans les siècles précédents. Machine à battre des pieux vers 1800, scaphandrier dans le courant du siècle, sonde hydraulique dans les années 1840, rouleau compresseur...

Dès la seconde moitié du XIXe siècle, les grands chantiers emploient couramment des grues à flèches inclinables montées sur rail. L’exposition universelle de 1889 reflète cette fascination pour les techniques, avec la présentation au public de ces géants mécaniques qui annoncent déjà les débuts d’une ère nouvelle.

Cet article, ainsi que le suivant, s’appuie notamment sur l’excellent ouvrage de Philippe Laurier. Les machines de construction de l’Antiquité à nos jours, une histoire de l’innovation (Presses de l’école nationale des Ponts et chaussées), que nous ne saurions trop conseiller aux passionnés ! Une mine d’anecdotes et de réflexions sur les rapports entre TP et machines à travers les siècles...