Jean Pruniéras (1923-2004)

publié le 16 octobre 2007 (modifié le 17 mai 2014)

 

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Jean Pruniéras est décédé le 6 mars 2004 alors qu’il organisait encore, les semaines précédentes, au titre de l’Institut Français de Navigation, la table ronde d’une étude de la Commission Européenne sur les ports petits et moyens

(Photo : Jean Pruniéras, lors d’une réunion de l’AISM dont il était le secrétaire général).

Ce grand ingénieur a beaucoup œuvré pour la sécurité et l’efficacité de la navigation maritime.

Il débute sa carrière au port d’Oran et en 1955, il rejoint, pour ne plus le quitter, le Service des Phares et Balises.

Ingénieur en chef du Service Technique des Phares et Balises en 1963, il devient en 1972 Directeur du Service des Phares et Balises et, par voie de conséquence, devient le treizième secrétaire de la Commission des Phares, succédant à de très illustres prédécesseurs tels : Augustin Fresnel et Léonce Reynaud. Il devient également le Secrétaire Général de l’Association Internationale de Signalisation Maritime (AISM). En1980, il prend le titre de Directeur du Service des Phares et Balises et de la Navigation (SPBN) après l’intégration à ses services des CROSS (Centres Régionaux Opérationnels de Surveillance et de Sauvetage).Il conservera cette fonction jusqu’à son départ à la retraite en 1988.

Lorsque Jean Pruniéras rejoint le Service des Phares et Balises celui-ci termine la reconstruction de ses installations et s’engage sur le défi technologique que sera la généralisation de l’électrification, l’utilisation de l’électronique et l’automatisation.

Dans les différents domaines que Jean Pruniéras a abordés au cours de sa carrière professionnelle, il a conduit à son terme la définition par l’AISM d’un système unifié de balisage en faisant mener par le STPB une étude sur la reconnaissance des éclats qui permettra de définir les rythmes de feux différentiables et donc ceux du balisage cardinal. Ce système unifié, recherché depuis la fin du XIXe siècle, sera adopté par l’Organisation Maritime Internationale en 1981.

Il fera également réaliser à la fin des années 70 une importante étude sur l’utilité des systèmes de position afin de rechercher les systèmes d’aides radioélectriques à la navigation les plus adaptés aux différentes utilisations (navigation, pêche, chenalage, etc.).

Jean Pruniéras avait reconnu très tôt l’intérêt des radars pour améliorer la sécurité de la navigation dans les chenaux portuaires puis au large. Les études menées ont conduit à ce qu’on appelle aujourd’hui les VTS (vessel traffic services - services de trafic maritime). Le projet de l’installation d’un tel système à la pointe de Bretagne avait été préparé sous sa direction ; la catastrophe de l’Amoco Cadiz (mars 1978) a conduit à en trouver le financement. Si ce dispositif combiné avec le reste des moyens de l’action de l’État en mer n’a pas permis de prévenir tous les accidents, comme l’a malheureusement montré la catastrophe de l’Erika fin 1999, il a permis d’en éviter de nombreux puisqu’on estime à une quinzaine le nombre d’accidents graves évités entre 1980 et 1999.

L’expérience française ainsi acquise sous la direction de Jean Pruniéras a conduit à l’adoption de nombreux textes à l’AISM, à l’association internationale des ports (IAPH) et à l’Organisation maritime internationale (OMI). Lorsque la Commission européenne a lancé un vaste programme d’étude sur les VTS au début des années 80 c’est tout naturellement Jean Pruniéras qui a été retenu pour animer l’action correspondante. Et lorsque ses pairs l’ont élu à la tête de l’Institut français de Navigation puis de son comité technique, sa renommée a conduit à ce que cet organisme se voie confier la coordination des diverses actions européennes dans ce domaine et plus généralement dans tout ce qui touchait de près ou de loin à la sécurité de la navigation. Il y travaillait encore à la veille de sa mort.