Jusqu’au XIXe siècle

publié le 25 octobre 2007 (modifié le 7 avril 2008)

 

Jusqu'au XIXe siècle, il faut un mois à une barque de 24 m, tirée par huit chevaux, pour remonter d'Arles à Lyon
Jusqu’au XIXe siècle, il faut un mois à une barque de 24 m, tirée par huit chevaux, pour remonter d’Arles à Lyon
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Si le Rhône a été de tout temps utilisé pour le transport de marchandises et de personnes, son aménagement n’a été envisagé qu’à partir du XVIIe siècle, et sérieusement entamé au XIXe avec l’essor de la navigation à vapeur. Au XXe, le développement de l’énergie hydroélectrique donne une nouvelle ampleur à ces opérations d’aménagement.

Du Rhône gallo-romain aux Carolingiens : déjà des marchandises

À l’époque gallo-romaine, le Rhône sert de moyen de transit à des marchandises diverses, tant pour la remontée depuis le midi (vins, poteries, lin, produits alimentaires...) que pour descendre des produits tels que céréales, laines, huiles, chevaux... Sous les Carolingiens le trafic renforce sa position de lien entre nord et sud (Afrique, Asie) avec des importations de cuirs, étoffes, parfums, épices, et des exportations de draps ou de chiens de chasse.

Après le XIIIe siècle : l’augmentation du trafic

Au moyen âge, le trafic s’intensifie, et les seigneurs imposent droits de passage, de pont, de rivage, de port ou d’ancrage, sans pour autant effectuer d’aménagements. Le sel offre à la remontée un trafic régulier, mais ne réussit pas à équilibrer les volumes à la descente. Les barques sont alors parfois détruites et revendues sous forme de bois à destination
XVIIe-XVIIIe siècles : projets d’aménagement
Au XVIIe sont élaborés les premiers grands projets de domestication du fleuve : canal latéral de liaison du Rhône à Marseille à une profondeur de 6 à 10 pieds, arrêté du Conseil du Roi prévoyant la construction d’un canal entre Donzère et l’Etang de Berre... Au XVIIIe, l’ingénieur Pollard conçoit un autre canal reliant Arles à Port-de-Bouc. C’est que le transport par voie terrestre devient un concurrent potentiel !

XIXe siècle : la navigation à vapeur rend les aménagements nécessaires

Durant la seconde moitié du XIXe, la concurrence du chemin de fer rend désormais indispensable un aménagement du fleuve ; d’autant que la navigation à vapeur se traduit par l’augmentation des tonnages, interdisant le trafic en période de basses eaux. Henri Girardon, jeune ingénieur des ponts et chaussées, met au point en 1884 une méthode pour réduire les passages où la profondeur est inférieure à 1,60 mètres. Ceux-ci diminuent de 156 en 1878 à 14 en 1908, avant l’interruption de cette première vague d’aménagements.

Dès lors, il faudra attendre le lendemain de la première guerre mondiale, et la dynamique apportée par l’hydroélectricité, pour voir renaître les projets d’aménagement à une échelle jamais égalée auparavant