L’ambitieux pari fait sur l’hydravion

publié le 17 septembre 2007 (modifié le 28 mai 2008)

 

Projet de base transatlantique près de Corbeil (1938)
Projet de base transatlantique près de Corbeil (1938)
(archives de la DGAC déposées à Fontainebleau - droits réservés)

À la fin des années 30, il fut assez généralement admis que l’hydravion avait pour vocation d’assurer les liaisons aériennes transatlantiques commerciales.

C’est ainsi que furent, l’une peu après l’autre, lancées les acquisitions foncières permettant d’établir près de Biscarosse une hydrobase dans l’anse des Hourtiquets et, en vis-à-vis sur l’étang, l’aérodrome terrestre de Lahitte (dont l’emplacement a été conservé pour l’actuel aérodrome de Biscarosse - Parentis), ce dernier ayant pour fonction d’assurer les correspondances européennes des vols transatlantiques.

Paris ne pouvant toutefois abandonner son rôle de tête de pont, il ne fut rien moins aussi imaginé que de créer une hydrobase hors de toute étendue d’eau dans la région de Corbeil comportant trois canaux convergents de 500 m de largeur et dont les 4000 m de longueur pourraient ultérieurement être portés à 7000 m pour deux d’entre eux. Cette hydrobase devait, elle aussi, être complétée par un aérodrome terrestre dont les axes de piste seraient parallèles à ceux de ses canaux afin de rendre communs les dispositifs d’approche des deux installations.

Les événements, si ce n’est la raison, firent, heureusement pour les propriétaires concernés, que ce projet pharaonique ne connut aucun début de concrétisation.

Tel ne fut pas le cas de celui du port aérien de Marseille - L’Arc qui, imaginé par la Chambre de commerce de la cité phocéenne en . . . 1942, fut pris en considération par le Secrétaire d’État à l’Aviation du Gouvernement de Vichy.

Un peu moins grandiose que celui de Corbeil, ce projet n’en mobilisait pas moins, pour sa partie terrestre, 900 ha en bordure de l’Étang de Berre dont l’acquisition fut donc entreprise. L’expropriation ne pouvant être évitée, celle-ci fut prononcée au bénéfice de l’État en février 1944.

Les conditions budgétaires, comme vraisemblablement l’utilité du projet, ayant conduit le Ministre des Travaux Publics et des Transports à renoncer en 1947 à la réalisation de ce dernier, l’Administration des Domaines se trouva placée dans une situation inextricable dont elle ne sut finalement sortir qu’en obtenant des expropriés que, en échange du maintien de leurs droits d’usage, ils attendent, pour recouvrer formellement leurs biens, que la prescription trentenaire frappe l’ordonnance d’expropriation en . . . 1974.