L’apparition des pistes revêtues

publié le 17 septembre 2007 (modifié le 28 mai 2008)

 

Le F223 Jules Verne qui décolla de Bordeaux le 7 juin 1940 pour bombarder Berlin
Le F223 Jules Verne qui décolla de Bordeaux le 7 juin 1940 pour bombarder Berlin
(collection du Musée de l’air et de l’espace - droits réservés)

Le volume de trafic accueilli par les principaux aérodromes commerciaux français au milieu des années 30 conduisait trop souvent à ce que soient délimitées des zones interdites pour remise en état de l’aire d’envol et d’atterrissage.L’opinion s’exprima, par suite, qu’il convenait d’autant plus de "colmater le sol au moyen de pistes d’envol en dur (l’Aérophile d’octobre 1935)" que les avions de l’époque étaient devenus beaucoup moins sensibles aux vents traversiers.

Consacrant pourtant peu de pages au sujet, la "notice provisoire sur l’aménagement des terrains d’aviation", qui fut diffusée en juin 1936 par le ministère de l’Air, se contenta de reconnaître que "certains terrains naturellement peu fertiles ne pourraient (en France) supporter le trafic sans cesse croissant si l’on n’avait pas recours à des solutions se rapprochant de la technique employée sur les aérodromes américains . . . où le climat et la nature du sol ne permettaient pas un engazonnement facile".

C’est ainsi qu’il fallut qu’intervienne la perspective de vols transatlantiques autres que par hydravions pour que seuls soient réalisés à titre civil avant 1939 les 1300 premiers mètres de la piste E-S-E / O-N-O de Bordeaux-Mérignac.

Les rares infrastructures militaires, dont disposait alors l’Armée de l’Air, n’ayant pas les caractéristiques suffisantes, ce sera de ces 1 300 m de piste à Bordeaux que partira la seule mission aérienne de bombardement qui fut lancée depuis la France sur Berlin avant la débâcle.

Les temps n’étant plus guère, après celle-ci, qu’à l’imagination des jours meilleurs, le gouvernement de Vichy entreprit la mise au point d’un plan général d’équipement national. Celle de son volet aéronautique conduisit l’administration à éditer une "instruction provisoire relative aux reconnaissances d’aérodromes et à l’étude sommaire des plans de masse" qui, tirant cette fois argument de l’accroissement considérable des longueurs des lignes d’envol, renonça enfin "aux terrains convexes permettant l’atterrissage ou le décollage dans toutes les directions".