L’initiative Sarde

publié le 22 octobre 2007 (modifié le 7 novembre 2007)

 

Tunnel du Fréjus : l’initiative Sarde.

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plan de situation du tunnel du Fréjus, proche du col du Mont-Cenis

Vers 1850, le souverain du royaume Sarde, Victor Emmanuel et son ministre Cavour, étaient très anxieux de favoriser les communications entre le Piémont et la Savoie. Celle-ci était sarde à l’époque. Ils souhaitaient ardemment voir réaliser pour cela le grand tunnel ferroviaire, d’une longueur de 13 Km, qui devrait permettre au chemin de fer de passer. Mais le plus long tunnel ferroviaire réalisé jusqu’alors, sans la possibilité à l’époque de creuser des puits pour mettre en oeuvre des attaques intermédiaires, celui du Semmering entre Vienne et Trieste, ne dépassait pas 1434 m !
Il faut noter que dès l’origine, le tunnel, qui était destiné à remplacer le col du MontCenis, fut appelé "tunnel du Mont-Cenis". Mais il se trouve en réalité situé à l’aplomb du Mont Fréjus. On l’appelle donc dorénavant "tunnel du Fréjus", ou "tunnel ferroviaire du Fréjus", au même titre que le "tunnel routier du Fréjus", voisin, ouvert en 1980.

Mais la volonté politique n’aurait pas été suffisante pour creuser un tel ouvrage. A cette époque on détruisait la roche à l’explosif (avec de la "poudre noire"). On forait manuellement les trous destinés à recevoir la poudre, en frappant avec de lourds maillets sur des forêts métalliques, les "barres à mines".
Dans les roches dures on ne pouvait ainsi progresser que de 50 cm par jour ! Il aurait fallu alors, pour percer 13 Km, plus de 40 ans ! Il n’était pratiquement pas possible par ailleurs de percer les roches les plus dures, les quartzites.
L’ingénieur savoyard Germain Sommeiller réussit dans ce contexte à convaincre le Parlement sarde en 1854 que de nouveaux moyens de creusement existaient, les marteaux pneumatiques à air comprimé, qui permettraient de creuser le tunnel dans un délai raisonnable.