Le phare de Cordouan

publié le 15 octobre 2007 (modifié le 26 novembre 2008)

 

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(© Association pour la sauvegarde de Cordouan )

Il se dresse à l’entrée de la Gironde, sur un îlot très proche de la pointe de Grave. Le plus ancien phare de France encore en activité, il se fait remarquer par l’ampleur de ses aménagements et la richesse de ses ornements.

Le premier phare fut bâti au XIVème siècle sur l’initiative du Prince Noir, fils du roi d’Angleterre et chef de l’armée anglaise qui occupait la Guyenne.
L’édifice se terminait par une plateforme sur laquelle on allumait un feu de bois. Un ermite - on en connaît encore le nom, Geoffroy de Lesparre - était chargé de l’entretien du foyer, et percevait un droit pour chaque navire qui franchissait les passes de la Gironde

En 1580, le phare est à l’abandon et le feu n’est plus allumé, ce qui est la cause de nombreux naufrages. Henri III , le 2 mars 1584, confie à l’architecte Louis de Foix, la mission de le reconstruire.

En 1593, le chantier a peu évolué, perturbé par les guerres intérieures et les problèmes de financement. Louis de Foix est ruiné et il faut l’intervention personnelle d’Henri IV qui alloue « 86 000 écus » à notre architecte et lui permet de relancer le chantier. Le projet est remanié, beaucoup plus imposant que le précédent, avec une assise circulaire de 123 mètres et une lanterne située à 37 mètres au-dessus du niveau-de-la-mer, l’édifice étant d’une richesse architecturale digne de celle de Pharos. A la mort de Louis de Foix en 1603, son fils lui succède dans la direction des travaux qui ne seront terminés qu’en 1610.

En 1645, une tempête détruit le dôme de la lanterne. L’édifice montre des signes de vieillissement. Il faut attendre 1663 pour que, à la demande de Colbert, une restauration complète de l’édifice soit entreprise et le feu remis en service.

L’huile enflammée qui éclaire le feu a fini par détruire la lanterne et a fait éclater la cage de calcaire.
En 1727, une lanterne de fer remplace la lanterne en maçonnerie. La hauteur du feu reste de 37 mètres au-dessus du niveau des plus hautes mers.

Cinquante ans plus tard, les parties hautes de l’édifice menacent de tomber en ruine. Elles sont maintenues par des "rafistolages" métalliques. À l’évidence, l’ouvrage de Louis de Foix résiste mal au milieu marin. De plus, de l’avis des marins, sa hauteur de foyer de 37 mètres ne donne pas au phare une « portée » suffisante.

Dans les années 1780, le chevalier de Borda confie à Teulère, ingénieur en chef de la "Généralité de Bordeaux", la mission de rénover le phare. Le phare est arasé jusqu’au balcon du deuxième niveau et supporte une nouvelle tour qui porte le feu à 60,30 mètres au-dessus du niveau de la mer, dans un style bien plus sobre que celui de Louis de Foix. Il est inauguré en 1790 et n’a pas changé depuis.

Par manque de moyens, le service des Phares et Balises décide en 1981 de l’abandonner. Mais à la suite de protestations élevées par certains groupements désireux de sauvegarder l’édifice, il a été décidé que le phare continuerait à fonctionner et serait restauré avec l’aide des collectivités locales. En 1982 un musée de Cordouan a été créé au phare du Grave. Il accueille de très nombreux visiteurs. En outre, des navettes permettent d’accéder à Cordouan et de visiter le phare.

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