Le plus long tunnel ferroviaire du monde en Suisse

publié le 1er juin 2016 (modifié le 12 décembre 2016)

Près de 11 milliards d’euros, 28,2 millions de tonnes de gravats extraits, 17 ans de travaux... Avec ses 57 km traversant les Alpes, c’est le plus long tunnel du monde.

Mercredi 1er juin 2016, la Suisse inaugure en grande pompe les 57 km de rail du Saint-Gothard qui permettront de fluidifier et d’augmenter le trafic entre le nord et le sud de l’Europe.

Le nouvel ouvrage, qui a nécessité 17 ans de travaux et entrera véritablement en service en décembre, constitue la pièce charnière de la nouvelle ligne ferroviaire à travers les Alpes (Neat), qui doit permettre de redéfinir la carte du transport dans l’axe Nord-Sud de l’Europe.

Cette nouvelle ligne vise en particulier à doper l’utilisation du rail et à décongestionner les routes, pour le trafic de marchandises, dans un corridor Rhin-Alpes s’étendant de Rotterdam, au bord de la mer du Nord, à Gênes, sur la Méditerranée.
Au final, l’ouvrage va permettre de fluidifier le trafic des marchandises, avec un volume de fret attendu en hausse de 20 % d’ici 2020 sur l’axe Rotterdam-Gênes.
Selon les chemins de fer fédéraux suisses, le nombre quotidien de voyageurs devrait passer à 15 000 d’ici à 2020 (contre 9 000 actuellement) tout en réduisant le temps de trajet entre Zurich et Lugano à 2 heures (contre 2 heures 41 aujourd’hui).

Sur le plan technique

Le nouveau tunnel est appelé "de base" pour le différencier du "tunnel de faîte", construit au XIXe siècle entre 1872 et 1881 et d’une longueur d’une quinzaine de kilomètres, qui a été creusé en hauteur dans le massif du Saint-Gothard.

L’ouvrage a coûté 12,2 milliards de francs suisses (10,9 milliards d’euros). Il pourra être emprunté chaque jour par 260 trains de marchandises, à une vitesse de 100 km/h, et par 65 trains de voyageurs, pouvant rouler jusqu’à 200 km/h.

  (nouvelle fenetre)

Il a fallu des trésors de planification pour acheminer les équipements et évacuer les 28,2 millions de tonnes de gravats extraits. Parmi les défis techniques, il a fallu résoudre le problème de la température, qui pouvait monter jusqu’à 45 degrés Celsius, imposant d’installer une puissante ventilation afin de garantir des conditions acceptables sur le chantier.

Au total, 24 millions de tonnes de roches ont été excavées, soit cinq fois le volume de la Grande Pyramide de Khéops. En tout, plus de 2.000 ouvriers de dix nationalités différentes ont travaillé en permanence sous terre.

Le record de longueur de ce tunnel pourrait cependant être concurrencé à l’avenir par un projet encore plus ambitieux que nourrit la Chine. Elle prévoit de percer un tunnel de 123 km sous la mer de Bohai.

source AFP

Voir aussi :