Le Sétra dépositaire de maquettes de l’ancien Musée des TP

publié le 14 octobre 2013 (modifié le 15 octobre 2013)

Après de nombreuses péripéties, les maquettes qui n’ont pas été reprises par des musées ou des entreprises sont maintenant entreposées au Sétra à Sourdun (77).

Le Ministère disposait du riche patrimoine de maquettes regroupées au sein du Musée des Travaux Publics de 1939 à 1954. Ces maquettes sont le témoignage du talent de nos ingénieurs de la fin du XIXème au milieu du XXème siècle. La plupart construites de toute pièce sont des œuvres uniques reproduisant des grands ouvrages d’art et rendant hommage au génie civil français. Plusieurs types d’ouvrages sont représentés : des ponts, des routes, des barrages, des ports etc. Certaines des maquettes sont monumentales, animées et interactives, remplissant un rôle pédagogique pour le grand public, mais aussi pour les étudiants et les ingénieurs. Au fil de l’actualité des grands travaux français, la collection s’est actualisée, ainsi qu’enrichie par des dons de différentes administrations.

Plus tard, en 1954, le musée national des Travaux Publics accueille les maquettes d’étude de la galerie de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées (comprenant des pièces du XVIIIè siècle). Pourtant, en 1955, et malgré le succès de ses 30 000 visiteurs par an, le musée doit fermer ses portes pour céder la place à l’Assemblée de l’Union Française, bientôt remplacée elle-même par le Conseil économique, social et environnemental, actuel occupant du Palais.

L'ancien musée des TPÀ la fermeture du musée, les maquettes sont mises en caisse. Les collections ne sont pas complètement oubliées : des maquettes sont prêtées pour des expositions. Quelques-unes d’entre elles ont par exemple été montrées lors de l’exposition « Un canal…des canaux… » réalisée par la Caisse nationale des monuments et des sites dans les salles de la Conciergerie, à Paris, en 1986. Certaines maquettes sont par ailleurs récupérées par les administrations dont elles émanent : modèles de train par la SNCF, maquettes de phares par les Phares et Balises, etc. Les pièces restantes dorment en caisse dans différents hangars.

En 1989, Jean Millier, ancien président de L’EPAD (Établissement public pour l’aménagement de La Défense) fonde une association pour le sauvetage du patrimoine de l’ancien musée des Travaux Publics (devenue ASCO-TP). En 1990, un local est aménagé sous la dalle de La Défense. Les 349 caisses y sont entreposées, un recensement donne lieu à la publication d’un ouvrage et une exposition de quarante des plus belles maquettes est organisée dans les galeries de l’EPAD (avril-mai 1991). Le 17 juin 1991, un colloque accompagne l’exposition, et les maquettes, à nouveau mises en lumière, font l’objet de prêts pour différentes manifestations.

En 2001, les sous-sols de la Défense devant être libérés, le ministère de l’Équipement, des Transports et du Logement confie la gestion de la collection à Voies navigables de France, établissement public sous sa tutelle. Avant leur transfert à Lyon dans des locaux de VNF, un recensement est réalisé et des mesures de conservation préventive sont prises : reconditionnement dans de nouvelles caisses respectant les normes actuelles, nettoyage, prises de vues numériques (plus de 5000 clichés).

Voies navigables de France et le musée de la Batellerie de Conflans-Sainte-Honorine, vont alors concrétiser l’ambition de faire renaître les collections du musée national des Travaux Publics, en accord avec le ministère des Transports, de l’Équipement, du Tourisme et de la Mer, le ministère de la Culture et de la Communication et la ville de Conflans-Sainte-Honorine.

colloque du 4 octobre 2005 à l'auditorium de l'INHA
colloque du 4 octobre 2005 à l’auditorium de l’INHA

Cette collaboration va ainsi permettre de proposer les maquettes au réseau des musées de France, pour une mise en dépôt longue durée (le ministère des Transports, de l’Équipement, du Tourisme et de la Mer restant le propriétaire). Les musées en assureront dès lors la conservation et surtout la renaissance aux yeux du public, cinquante ans après leur mise en caisse. Afin de renforcer encore cette démarche, VNF réunit ses partenaires pour l’organisation d’un colloque, le 4 octobre 2005, portant sur les questions de conservation et de valorisation du patrimoine scientifique et technique. Cette rencontre intitulée : « Collections en caisse - Disparition ou renaissance / Un exemple : le musée national des Travaux Publics  » est placée sous le haut patronage du ministre de la Culture et de la Communication et du ministre des Transports, de l’Équipement, du Tourisme et de la Mer, en partenariat avec l’Institut national d’histoire de l’art et le comité d’Information, le CILAC et la ville de Conflans-Sainte-Honorine. Même s’il est nécessaire de comprendre les raisons de la difficulté de la renaissance d’un musée des Travaux Publics, il y a lieu de regarder dorénavant le présent et surtout l’avenir. Deux idées fortes régissent désormais ce présent : souci d’unité de la collection et volonté de la présenter à travers le dépôt de ses éléments au sein de musées. En effet, plusieurs musées en France, dont celui des Arts et Métiers, ont alors été pressentis pour accueillir une partie de la collection.

En octobre 2013, la partie de la collection restée en caisses est entreposée dans les locaux du Sétra à Sourdun en Seine-et-Marne. Il faut maintenant faire le point sur la valorisation de cette collection et ASCO-TP se doit d’y prendre part.