Les surfaces de dégagement

publié le 17 septembre 2007 (modifié le 28 mai 2008)

 

Ensemble des surfaces de dégagement d'une piste comportant un seuil décalé et un prolongement dégagé opposé
Ensemble des surfaces de dégagement d’une piste comportant un seuil décalé et un prolongement dégagé opposé
(cas d’un aérodrome appelant une trouée d’atterrissage à 3 sections - schéma extrait de l’ITAC - droits réservés STAC)

Les surfaces de dégagement ont pour objet de définir les hauteurs maximales d’obstacles tolérées sur et autour d’un aérodrome.
Destinée à protéger l’évolution des avions sur et au-dessus de la piste au cours des opérations d’atterrissage et de décollage, la bande dégagée est prolongée de part et d’autre par une surface latérale dont l’inclinaison sur l’horizontale (14,3 % ou 20 %) dépend du type d’avions devant être accueilli et dont l’objet est de préserver de tout obstacle le survol de la piste en cas de décollage court ou d’atterrissage interrompu.

Dans le sens longitudinal et aussi bien en amont qu’au-delà de la bande dégagée, la hauteur maximale des obstacles est en, chaque point, égale à la plus faible des cotes, en ce même point, de la trouée de décollage et de la trouée d’atterrissage , l’une et l’autre étant respectivement définies comme suit :

  • de longueur (de 1600 m à 15000 m), de pente (de 2 % à 5 %) et d’évasement (de 2 x 10 % à 2 x 12,5 %) correspondants au type d’avions à accueillir, la trouée de décollage prend son origine sur un segment perpendiculaire à l’axe de la piste dont la longueur (de 60 m à 180 m) et la distance au-delà de l’extrémité de la piste (de 30 m à 60 m) sont également fonctions des caractéristiques des avions à accueillir,
  • comportant une seule section longue de 1 600 m à 3 000 m, lorsque la piste n’est destinée qu’au vol à vue, ou de 2 500 m, lorsque son chiffre de code est égal à 1 ou 2 pour une approche classique aux instruments, la trouée d’atterrissage comporte trois sections totalisant 15 000 m, lorsque la piste relève d’un chiffre de code supérieur pour une approche classique ou doit aussi pouvoir être utilisée en approche de précision. La première de ces trois sections étant longue de 3 000 m, la seconde court, avec une pente légèrement supérieure (+ 0,5 %), jusqu’à atteindre une cote supérieure de 150 m à celle de l’origine de la trouée, soit, si celle-ci est plus élevée, une cote supérieure de 100 m à celle du point le plus haut sous la trouée. La troisième section est quant à elle horizontale. Comme pour la trouée de décollage, celle d’atterrissage est construite à partir d’un segment perpendiculaire à l’axe de la piste coupant par contre celle-ci en un point situé, dans la plupart des cas, à 60 m en amont du seuil, dans le sens de l’atterrissage. La longueur de ce segment (de 60 m à 300 m) comme l’évasement de la trouée d’atterrissage (2 x 10 % ou 2 x 15 %) sont également fonctions du chiffre de code de la piste et de la nature de l’approche qu’elle doit assurer.

Sans entrer dans un détail, que l’on pourra par contre pénétrer au paragraphe 12-3-5 du chapitre 12 de l’I.T.A.C., il ne peut manquer d’être ici indiqué que l’ensemble constitué par les surfaces latérales et les trouées est, par endroits, durci par des surfaces dites OFZ lorsque doivent pouvoir être effectuées des approches de précision.

Les pentes retenues pour les surfaces latérales ne permettant pas de constituer avec les trouées un ensemble protégeant des obstacles le demi-tour effectué au-dessus de l’aérodrome par un avion qui aurait approché la piste dans le sens opposé à celui selon lequel il devra atterrir, une surface horizontale intérieure complète le dispositif précédemment décrit. De forme dite "hippodrome", cette surface est située à 45 m au-dessus du point le plus élevé de l’aire d’atterrissage (lequel pouvant être distinct de celui de la piste considérée dans cas où l’aérodrome comporte plusieurs pistes) et porte la largeur couverte à cette altitude jusqu’à une valeur (de 4 000 m à 8 000 m) dépendant, elle aussi, de la nature de l’approche et du chiffre de code de la piste.

S’ouvrant vers le haut à partir du contour de la surface horizontale intérieure, une surface conique (dont la génératrice est inclinée selon une pente de 5 %) complète le dispositif sur une hauteur (de 35 m à 100 m) dépendant, ici encore, de la nature de l’approche que doit permettre la piste et (ou) du chiffre de code de celle-ci.