Les techniques satellitaires

publié le 16 octobre 2007 (modifié le 8 juillet 2008)

 

Historiquement c’est le transport maritime qui, le premier, a fait appel aux techniques satellitaires, pour ses échanges de communications et ses signaux de détresse. Ce mode de transport utilise désormais le système GPS pour ses besoins en positionnement et fera sans doute appel à EGNOS puis Galileo dès que ces systèmes seront opérationnels.
Dans le milieu maritime, les besoins en moyens de géolocalisation diffèrent fondamentalement selon le type de navigation : hauturière, à l’approche des côtes, portuaire.

S’agissant de la navigation hauturière, la distance au plus proche obstacle fixe est de l’ordre de 50 milles et les moyens de navigation visent avant tout à préparer des routes sûres et économiques. Les mouvements des navires étant relativement lents, l’absence momentanée du signal de positionnement est tolérable. Dans ce contexte, les performances exigées des systèmes de positionnement sont plutôt modestes :
Précision : 10 à 100m
Disponibilité : 99% sur 30 jours
Intégrité, délai d’alerte : 10s

Seules les applications de type « recherche et secours » pourraient nécessiter un positionnement plus précis de façon à raccourcir les délais de secours.

S’agissant de la navigation côtière, à moins de 50 milles des côtes, le trafic maritime y est beaucoup plus dense et les eaux sont moins profondes (limites du plateau continental) ; dès lors, le risque d’échouement ou d’abordage est plus important qu’en haute mer. Ce risque s’accroît lorsque les bâtiments pénètrent dans les chenaux d’approche portuaire, dont la largeur se réduit à mesure que l’on s’approche du port. Il s’agit donc d’une zone où le risque accidentologique est avéré, avec des conséquences importantes sur la sécurité des personnes et des biens. C’est pourquoi les performances attendues des systèmes de positionnement sont ici plus élevées :
Précision : 10m
Disponibilité : 99,8% sur 30 jours
Intégrité, Délai d’alerte : 10s

S’agissant enfin de la navigation à l’intérieur des installations portuaires, les systèmes de navigation visent essentiellement à prévenir les collisions avec les autres utilisateurs ou les installations à quai, ainsi qu’à faciliter l’accostage. Au-delà de la navigation, les autorités portuaires utilisent les systèmes de géolocalisation pour assurer la traçabilité de certaines marchandises (matières dangereuses), optimiser l’utilisation des outillages portuaires ou procéder à des relevés bathymétriques. Il est donc attendu un haut niveau de performance des moyens de positionnement :
Précision : 3m
Disponibilité : 99,8% sur 30 jours
Intégrité, Délai d’alerte : 10s

Les besoins du transport maritime en moyens de géolocalisation sont aujourd’hui satisfaits par le GPS, dont la précision à l’approche des côtes est améliorée par les stations différentielles situées sur les côtes françaises. Au nombre de 7, ces stations déterminent les erreurs de mesure sur la constellation GPS et envoient ces corrections en temps réel aux récepteurs mobiles, de façon à assurer une précision inférieure à 5m pendant 95% du temps. Selon toute vraisemblance le transport maritime sera un utilisateur du système Galileo, le futur GNSS européen, qui offrira des performances sensiblement accrues tant en précision qu’en intégrité.