LGV et bilan carbone

publié le 6 novembre 2009 (modifié le 8 décembre 2009)

 

Les émissions de gaz à effet de serre (GES), à l’origine du réchauffement climatique, constituent aujourd’hui notre principal impact sur l’environnement. Selon les travaux du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Etude du Climat), il serait nécessaire de diviser par deux ces émissions afin de maintenir leur concentration dans l’atmosphère au niveau actuel. Cela correspondrait à un total de 3 milliards de tonnes de carbone émises par an, soit 500 kg / personne compte tenu de la population mondiale actuelle.

500 kg de carbone, en matière de transports, c’est le volume correspondant à un aller retour Paris - New-York en avion, ou à... 18 tours de la Terre en TGV ! Mais qu’en est-il de l’impact carbone global de ces modes de transport, c’est-à-dire intégrant la conception, la réalisation et l’entretien des infrastructures ?

C’est ce qu’ont voulu savoir la SNCF et Réseau Ferré de France (RFF), maîtres d’œuvre des lignes à grande vitesse en cours de réalisation aujourd’hui en France. Dans ce but, pour la première fois, un Bilan Carbone ferroviaire global a été mené par le bureau d’ingénierie d’infrastructure des transports INEXIA sur la LGV Rhin-Rhône entre Dijon et Mulhouse, soit 140 km de voie.

Terrassement LGV Rhin-Rhône / Rame TGV, consommation : principal poste bilan carbone
Terrassement LGV Rhin-Rhône / Rame TGV, consommation : principal poste bilan carbone
© RFF / SNCF

De la conception à la maintenance

L’étude porte sur 30 ans, de 2012 (entrée en service de la ligne) à 2042. L’empreinte totale est évaluée à 1,9 millions de tonnes équivalent CO2, réparties principalement entre l’énergie de traction (53 %) et la réalisation des infrastructures (42 %).

En détail, cet impact se répartit comme suit :

Études et travaux de génie civil

  • Études d’ingénierie liées au projet, 22 000 teCO2
  • Travaux préparatoires, 110 000 teCO2
  • Travaux de génie civil, 750 000 teC02

Travaux d’équipement et bâtiments ferroviaires

  • Raccordement au réseau ferroviaire existant, 55 000 teCO2
  • Équipements ferroviaires (rails, caténaires, ballast...) 117 000 teCO2
  • Construction des rames TGV, 95 000 teCO2
  • Gares et autres bâtiments ferroviaires, 29 000 teCO2

Opérations d’exploitation et de maintenance

  • Fonctionnement des gares, 5 600 teCO2
  • Maintenance des rames TGV, 24 100 teCO2
  • Maintenance de l’infrastructure, 19 900 teCO2
  • Énergie de traction, 635 000 teCO2

12 ans pour compenser

De ce fait, il faut 12 ans pour que les émissions de GES soient compensées, notamment par le report multimodal de voyageurs de la route vers le rail. Au-delà de ce constat global, le Bilan Carbone a permis d’analyser de façon fine les différentes sources d’impact, et donc d’établir des préconisations afin de maîtriser celui-ci.
Cela va de la production des matériaux (chaux, ciment...) et de leur transport aux déplacements domicile-travail des salariés, en passant par le mode de conduite des rames ou encore l’amélioration des performances énergétiques de ces dernières.

Surtout, cette première initiative va être transposée à d’autres tronçons de ligne, et bénéficiera d’une actualisation régulière en phase d’exploitation. Elle sera également élargie à d’autres aspects écologiques et durables, établissant les bases d’une action d’autant plus efficace qu’elle sera fondée sur une évaluation rigoureuse des enjeux.

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