Localisation et hauteur des vigies

publié le 19 septembre 2007 (modifié le 29 mai 2008)

 

Tours de contrôle de : centre aéronautique de St-Auban, Kensai-Japon, Nouméa-La-Tontouta, Marseille-Provence, Dzaoudzi-Pamanzi / Mayotte
Tours de contrôle de : centre aéronautique de St-Auban, Kensai-Japon, Nouméa-La-Tontouta, Marseille-Provence, Dzaoudzi-Pamanzi / Mayotte
(photos Gilbert Néel, Alexandre Paringaux, Véronique Paul)

À chaque emplacement potentiel correspond une hauteur optimale de la tour pour avoir une bonne visibilité

Les exigences de visibilité font que l’étude de l’emplacement de la vigie va déterminer la hauteur des yeux du contrôleur.

En effet, pour qu’une personne puisse discerner les positions relatives de deux objets au sol, il faut qu’elle soit située suffisamment haut. Dans le cas contraire, la vue risque d’être trop tangente et être gênée soit par la topographie du terrain, soit par des mirages ou des images troublées, conséquences de la piste chauffée par le soleil (souvent à plus de 60°C).

Pour éviter de tels désagréments, il a été démontré expérimentalement qu’il convient de voir le sol sous un angle supérieur à 1%, la valeur minimale à ne jamais dépasser étant de 0,7%. Ces valeurs ne sont pas à prendre par rapport à l’horizontale mais bien par rapport à la tangente au sol. Les points visés étant surtout situés sur la piste et les voies de circulation, il convient de faire intervenir les profils en long et en travers de ces chaussées.

En règle générale, les points les plus contraignants sont les extrémités de piste ou les 150 m au-delà de ces points. Mais certaines parties, en creux, de la piste peuvent être encore plus défavorables,et doivent toujours être vérifiées. Dans tous ces calculs on doit tenir compte également des différences d’altitude. Le respect de ces règles implique qu’à chaque emplacement envisagé pour la tour corresponde une hauteur minimum de l’œil du contrôleur.

Cela n’est pas toujours suffisant. La vue à partir de la vigie doit également être dégagée des obstacles bâtis (hangars, bâtiments, etc.) ou naturels (buttes, arbres, etc.). Il faut également tenir compte, en particulier pour des tours de faible hauteur, de la végétation qui peut être gênante en certaines saisons, certaines céréales par exemple. Sur des aérodromes importants les obstacles bâtis existants ou futurs sont souvent les plus pénalisants.

Une tour très haute n’est pas une garantie de bonne visibilité vers le bas

On pourrait croire que pour tout emplacement, il suffit d’avoir une tour suffisamment haute pour que la visibilité soit bonne. Cela est faux. En effet, plus la vigie est haute, plus le contrôleur a du mal à voir vers le bas. Certaines zones importantes, parkings, voies de circulation, peuvent être cachées par les meubles de contrôle, les allèges ou les garde-corps de la vigie. Sauf cas spécifique, on peut considérer que tout secteur primordial au sol doit être vu sous un angle inférieur à 15° par rapport à l’horizontale. Il correspond à l’inclinaison principale de l’axe du regard. Mais dès lors l’altitude de la vigie aura également ses limites et cela impliquera que n’importe quel emplacement ne peut être choisi. D’autre part, il existe des contraintes qui viennent limiter le choix, comme le respect des servitudes, du front des installations, la proximité avec les différents réseaux (eau, énergie, communications, etc.).