Pont de Maëstricht

publié le 12 mai 2010 (modifié le 27 mai 2010)

 

Après ce premier séjour en France frère Romain, (ou son nom s’était alors francisé), regagne son couvent de Maëstricht. Le pont sur la Meuse qui reliait cette ville à celle de Wick était alors en très mauvais état. Un vaste programme de restauration de l’ouvrage doit alors être entrepris et commence en 1683. Le 21 juin le magistrat de Maëstricht approuve la soumission présentée par frère Romain pour la reconstruction de la première arche de la rive gauche.
Les clauses du marché impose à l’adjudicataire de démolir l’arche susdite jusqu’aux anneaux placés à environ cinq pieds au dessus de la retraite, et de la reconstruire avec de bonnes pierres de Namur, suivant modèle ; de cramponner en fer et en plomb les pierres de chaque quatrième couche ; de placer deux fortes barres de fer, aussi longues que la largeur du pont, pour prévenir le déjettement latéral de l’ouvrage ; de démolir le corps de garde et de le rebâtir à ses frais ; il sera permis à l’entrepreneur d’employer dans la nouvelle construction les pierres de l’ancien ouvrage qui seront trouvées bonnes, soit de soubassement, de cintre ou de moulure ; quant aux accidents qui pourraient survenir par des causes indépendantes du travail de l’entrepreneur, celui-ci ne sera point obligé d’en prendre la réparation à sa charge ; si cependant les fondements des piles qui terminent le pont près de la ville n’étaient point trouvés dans l’état convenable, les frais exigés pour leur réparation viendraient à la charge de la ville. En outre la ville fournissait les grues et les échelles. L’acte de soumission chiffré, à la somme de quatorze mille florins, argent de Liège, payables entre les mains des pères Dominicains, porte les signatures des magistrats de la ville et celle de frère Romain. Le 3 juillet une commission, composées des bourgmestres, des maîtres de fabrique et de François Romain, constate les réparations exigées pour le reste du pont dont l’état était alarmant.

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Archives nationales département Cartes et Plans - © Arielle Demilecamps
Maëstricht Comme elle estait quand les Français la remirent aux Hollandais (1678)

 

Le 30 mai 1684, François Romain, fait savoir aux magistrats que la pile de la première arche du côté de la porte aux houilles doit être démolie, aussi bien que la petite maison élevée en cet endroit. Ces travaux n’étant pas inclus dans le marché initial, frère Romain demande et obtient, après avis de la commission ad hoc, le paiement d’une somme complémentaire de quarante pattacons. Le 26 juin une commission vient constater les travaux à faire pour la reconstruction de la pile démolie, ainsi que du corps de garde et d’une partie des parapets. Le 3 juillet, frère Romain est chargé des réparations à faire au pont et non comprises dans l’adjudication initiale, moyennant une somme de onze cent florins de Liège, y compris les matériaux et les journées de travail.(*)

Les travaux de restauration du pont de Maëstricht sont alors interrompus et ne reprendront que dix ans plus tard en 1696 de la même façon que la première arche a été construite par la ville, c’est à dire en suivant la technique utilisée par frère Romain. Les travaux se poursuivront alors jusqu’en 1716 sur l’ensemble des huit arches de l’ouvrage, en réutilisant pour chacune de celles-ci le cintre de François Romain.


(*) Chênedolle (Charles de), Le pont de Meuse à Maëstricht, in « Messager des sciences historiques, des arts et de la bibliographie de Belgique », Gand, 1851.