Ponts de la Renaissance

publié le 27 novembre 2007 (modifié le 4 mars 2008)

 

Le pont Henri IV à Châtellerault
Le pont Henri IV à Châtellerault
(photo Marcel Prade).
Le Pont-Neuf à Toulouse
Le Pont-Neuf à Toulouse
(photo Marcel Prade).

 

Aux XVe et XVIe siècle, un grand mouvement de rénovation imprégné de culture antique bouleverse les lettres, les sciences et les arts. L’architecture, reflet de cet esprit, s’en trouve profondément marquée. La tendance architecturale est à l’abandon des traditions gothiques au profit d’un certain retour au classicisme gréco-latin.

Cette transformation est le fait d’un nouvel homme de l’art, l’architecte, à la fois artiste et maître ès-art de bâtir. Son activité plus tournée vers la conception que vers la réalisation a pour théâtre les grandes villes. Les ponts de celles-ci, généralement surmontés de maisons sont des "ponts-rues" et en dehors de leur rôle utilitaire deviennent des éléments architecturaux, décoratifs, intégrés à l’ensemble urbain et participant à son embellissement. Le Pont-Neuf de Paris, le Pont-Neuf de Toulouse, le pont Henri IV de Châtellerault en sont les exemples les plus réussis bien qu’ils n’aient jamais porté de maisons. Ils sont tous les trois classés Monuments Historiques.

Les ponts ruraux n’évoluent guère. A peine peut-on noter l’abandon progressif de l’arc brisé et l’apparition, timide, de l’anse de panier comme directrice d’intrados.

Le Pont-Neuf à Paris, empaqueté par Christo en 1985
Le Pont-Neuf à Paris, empaqueté par Christo en 1985
(photo ENPC).

Le pont Henri IV, avec 21,80 m, est le plus large des ponts de la Renaissance. Ses 9 voûtes en anse de panier de 9,85 m d’ouverture sont ornées d’amples "cornes de vaches " qui sont parmi les plus grandes jamais réalisées. Le couronnement comporte des hautes consoles dont les dispositions se retrouvent dans les balcons du château d’Anet. Il a été réalisé entre 1571 et 1611.