SÉJOURNÉ Paul

publié le 29 novembre 2007 (modifié le 6 février 2009)

(1851 - 1939)

(1851 - 1939)

Paul Séjourné a été le dernier et indiscutablement le plus éminent constructeur de grands ponts en maçonnerie. Il a apporté à cette technique ses derniers perfectionnements, dont profitèrent d’ailleurs les premiers ouvrages en béton armé qui allaient la remplacer. La solidité et la beauté des ouvrages qu’il a construits, et qu’on peut encore admirer aujourd’hui pour la plupart, font qu’il est sans doute un des ingénieurs les plus connus du grand public.

 

À ses débuts, il occupe des postes modestes, mais montre tout de suite son talent dans la construction des lignes de chemin de fer aujourd’hui secondaires, en site difficile, où les ouvrages d’art sont nombreux : le pont du Castelet dans l’Ariège, ceux de la ligne de Montauban à Castres, dont le pont Antoinette, du nom de sa jeune épouse, qu’on lui a permis de donner. À la suite de quoi il publie, en 1887, dans les Annales des ponts et chaussées, un mémoire qui sert de base à toutes les constructions suivantes, préconisant des cintres légers, une construction par rouleaux et une fermeture progressive des joints. Il lui vaut d’être envoyé l’année suivante en mission mouvementée à Samarkand, sur les chantiers du chemin de fer transcaspien !

Mais ses œuvres sont ensuite innombrables, comme ingénieur en chef de la Lozère sur la ligne de Mende à La Bastide, à Luxembourg avec le pont Adolphe, à Toulouse avec le pont des Amidonniers, aujourd’hui des Catalans, au PLM, dont il devient chef du service de la construction, avec, en dernier lieu, l’élégant pont de Scarassoui et le viaduc de la Bévéra, ceux-ci détruits lors de la dernière guerre.

Cependant, son ouvrage le plus connu, en dehors de ses grands ponts urbains, parce que le plus original et le plus visible d’une grande route, reste sans doute le viaduc de Fontpédrouse sur la ligne à voie étroite de Villefranche-de-Conflent à Bourg-Madame. Son traité sur les grandes voûtes rassemble les connaissances de tous les siècles sur les ponts en maçonnerie.

Bien qu’il n’ait pas eu l’occasion d’une grande réalisation à Paris, son nom a été donné, en 1953, à une rue du VIe arrondissement où il avait habité.