Les aciers autopatinables

publié le 11 octobre 2007 (modifié le 8 mars 2008)

Les aciers autopatinables

Le Viaduc du Verrand dans les Alpes à Courmayeur est un bi-poutre à dalle orthotrope entièrement en acier auto-patinable. Il comporte deux tabliers de grande largeur et de portées de 135m. Il a été mis en place par lancement. La difficulté d'accès et les conditions climatiques ont dicté le choix de l'acier auto-patinable ne nécessitant qu'un entretien minime
Le Viaduc du Verrand dans les Alpes à Courmayeur est un bi-poutre à dalle orthotrope entièrement en acier auto-patinable. Il comporte deux tabliers de grande largeur et de portées de 135m. Il a été mis en place par lancement. La difficulté d’accès et les conditions climatiques ont dicté le choix de l’acier auto-patinable ne nécessitant qu’un entretien minime
(SETECO - droits réservés)

Les aciers à résistance améliorée à la corrosion atmosphérique ou autopatinables s’autoprotègent contre la corrosion par la formation d’une couche d’oxyde à leur surface. Ce sont des aciers qui contiennent un faible pourcentage de cuivre (de l’ordre de 1 %). Ils sont plus connus sous leur nom de marque, tel que Corten ou Indaten.

La protection est réalisée une fois que le produit est exposé, en alternance, à une atmosphère sèche et puis humide et qu’une couche brune foncée d’oxyde, qu’on appelle aussi patine, se soit formée. Cette couche d’oxyde est résistante et relativement étanche. Elle constitue donc un frein à la corrosion qui ne peut plus se poursuivre en profondeur.

Toutefois elle a tendance à s’user et ne fait que ralentir la corrosion. Il faut donc "surdimensionner" les pièces en acier patinable afin de tenir compte de cette perte de matière qui peut atteindre des valeurs de l’ordre de 1 mm ou plus en 50 ans, par surface exposée. On peut aussi appliquer une peinture anti-rouille après sablage, notamment sur les parties cachées, ce qui améliore encore la durabilité du matériau.

L’utilisation de ce genre d’acier n’est pas conseillée dans des milieux agressifs et pour des constructions en contact permanent avec de l’eau ou de l’humidité condensée.

Il faut aussi très soigneusement éviter toute possibilité de rétention d’eau qui finirait par provoquer une altération du matériau.

Par ailleurs, la couche protectrice qui peut durer plusieurs années, s’accompagne d’un dégagement de rouille qui peut salir les parties non ferreuses de la construction. Il conviendra par conséquent de recueillir toutes les eaux de ruissellement qui auront été en contact avec l’acier patinable.

Afin que cet acier ait une teinte plus ou moins uniforme, il sera préférable de procéder à un léger sablage des éléments avant leur mise en place. Là encore, il est conseillé de consulter des spécialistes pour la mise en œuvre.