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Passerelle piétonne au Rwanda

publié le 21 novembre 2019

Le financement a été réalisé en numéraire et en fourniture de personnels tout en s’engageant auprès de l’ONG américaine Bridges to Prosperity (B2P), implantée principalement en Amérique centrale, Amérique du Sud et Afrique de l’Est anglophone.
C’est ainsi qu’une équipe de 10 volontaires, cadres au sein du groupe "setec", s’envola le 12 janvier 2019 pour Kigali, capitale du Rwanda.

Le challenge était relativement simple : édifier une passerelle piétonne de 70 m, au-dessus de la rivière Uwarukara, rivière tempétueuse – reconnue par certains comme véritable source du Nil – et séparant deux communautés, avec de part et d’autre des services sociaux et scolaires à partager. Traversée quotidiennement par des centaines de personnes, près d’une dizaine de décès sont à déplorer chaque année en période de crues.

Le point de passage sur la rivière Uwarukara avant la réalisation de la passerelle

 
La conception de ladite passerelle est un héritage du suisse "Toni Ruttiman", ingénieur visionnaire qui a construit plus de 770 ponts en 20 ans au travers du monde, au départ dans des pays dévastés par des tremblements de terre ou autres catastrophes naturelles.

Ce projet, étudié dès son officialisation par l’ingénierie de "setec", a été évalué et préparé à distance, afin de pouvoir démarrer ce chantier sous la conduite de l’ONG B2P dès l’arrivée sur place.

Hébergés sommairement dans un village voisin, à une vingtaine de km environ par les pistes, le groupe a démarré dès son arrivée sur le site la préparation du chantier, avec le renfort d’une vingtaine de volontaires locaux, travaillant pour la plupart dans les champs. Les culées en béton toutes fraiches avaient été édifiées par une mission préalable, ainsi que les massifs d’ancrages des suspentes du pont. Tout était approvisionné : bois local (eucalyptus) juste débité en grandes planches, câbles réformés de grues portuaires, poteaux métalliques (issus de l’industrie pétrolière), fers à béton pour les suspentes, grillages, câblette, peinture, éléments à assembler d’échafaudages rustiques, outillage sommaire et petit matériel de découpe et d’assemblage. Ni moyen de portage ni de levage, juste un tire-fort et des poulies, tout devenait opération manuelle et de bon sens… il ne restait plus qu’à agir !

Au prix d’un engagement méritoire de l’équipe, dont les conditions de travail étaient largement compliquées par les intempéries rendant la seule piste d’accès limite impraticable, le challenge collectif avança sans répit, avec la seule volonté de ses acteurs de mener à son terme ce chantier. Les tâches étaient réparties, entre travaux principaux qui avançaient de front sur chacune des deux rives et ateliers de préparation et d’assemblage au sol. Le tout dans une bonne humeur et liesse collective d’aboutir.

Au final, le défi fut relevé en deux semaines pleines, pour un achèvement des travaux le jour même de l’inauguration, meilleure preuve si besoin en était de la motivation et de l’ardeur à la tâche des participants, ingénieurs "setec" ou bénévoles rwandais, tous unis pour la même cause.

Un défi d’ingénieurs et citoyens et une belle aventure humaine et technique au final, probablement précurseur d’un mode de construction low-coast qui fait appel à l’ingéniosité et à la force du collectif comme ingrédients principaux pour donner aux peuples les moyens de se rejoindre.

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