Une composante majeure de l’aéroport

publié le 19 septembre 2007 (modifié le 29 mai 2008)

 

Exemple d'ensemble vigie, fût et bloc technique associés
Exemple d’ensemble vigie, fût et bloc technique associés
(photothèque STAC)

Tours de contrôle et vigies ne représentent pas tout à fait la même chose. On appelle vigie le local dans lequel se trouve l’agent chargé du contrôle d’aérodrome. Le support est une construction, habitable ou non, au sommet de laquelle est placée la vigie. Lorsqu’il est indépendant on l’appelle le fût.

Le bloc technique abrite les organismes qui assurent la circulation aérienne et l’assistance météorologique sur l’aérodrome, le contrôle de la circulation aérienne, la sécurité en vol et au sol, la maintenance des équipements de navigation aérienne. Il peut également contenir les bureaux de divers organismes, entre autres la Gendarmerie des Transports Aériens, des services de l’exploitant de l’aérodrome et d’autres services de l’Aviation Civile et de la Météorologie.

Une composante majeure de l’aéroport

Exemple de fût habitable Madrid Brajas
Exemple de fût habitable Madrid Brajas
(photothèque STAC/Céline Abergel)

Une vigie et un bloc technique sont une composante majeure d’un aéroport essentiellement à cause des appareils de haute technicité qu’ils abritent, des réseaux filaires nécessaires et des contraintes de visibilité des contrôleurs en vigie, qui en font un « point dur ». Cette expression traduit le fait qu’il est impossible de changer la construction, sans des aménagements importants et des travaux coûteux, ce qui bloque les transformations des bâtiments et locaux attenants. Les matériels sont appelés à être changés ou remplacés pendant la durée de vie d’une vigie évaluée à environ vingt ans. Par ailleurs, il est difficile d’avoir des fûts habitables. Les locaux situés à l’intérieur du fût sont obligatoirement étriqués et figés. Il convient donc de réserver le fût pour la partie technique, ce qui va également dans le sens d’une différenciation des fonctions.

Un fût purement « technique » constitue ainsi une séparation architecturale entre la tour et le bloc technique, qui cependant doivent rester proches, pour des raisons fonctionnelles et techniques. En effet, si les contrôleurs sont les occupants fonctionnels de la vigie, ils ne sont pas les seuls à y travailler. La technicité des appareils en vigie nécessite des opérations de maintenance fréquentes. Or la base de cette maintenance reste dans le bloc technique dont la partie opérationnelle principale est la salle technique.

Un équipement, plus qu’un bâtiment

• L’environnement technique, les exigences de contrôle et de visibilité font de la vigie un équipement à part entière.

Deauville Saint-Gratien : contrôleurs en vigie
Deauville Saint-Gratien : contrôleurs en vigie
(photothèque STAC/Véronique Paul)

L’étude du travail du contrôleur en tour de contrôle fait apparaître des contraintes spécifiques, qui se traduisent principalement par les exigences de visibilité et un environnement technique important. Même si le contrôleur peut se déplacer très souvent à l’intérieur de la vigie, il n’en reste pas moins vrai que sa position privilégiée reste derrière son pupitre, où sont regroupés tous les appareils et commandes qui lui sont nécessaires. Cela veut dire que la conception d’une vigie se fait autour des meubles, et non l’inverse, sous peine d’importantes difficultés de fonctionnement.

• Les pupitres de contrôle, constituent le premier obstacle visuel du contrôleur. En conséquence, l’étude d’une vigie commence nécessairement par la prise en compte de leurs positions optimales et leurs dimensions minimales.

En effet, ces pupitres sont soumis à des règles ergonomiques et techniques qui leur imposent des dimensions minimales incompressibles. Bien sûr, un poste de contrôle peut évoluer, mais ce qui importe au concepteur est de connaître les dimensions des meubles à prévoir dès le début. Une telle démarche s’applique également à la salle technique. Le concepteur veillera également à ce que les contrôleurs voient correctement l’ensemble de l’aérodrome, et impérativement certaines zones, en réalisant des études de visibilité, ce qui commence par un bon positionnement.
Par la suite, l’architecte doit trouver un bon compromis pour respecter les autres exigences de thermique, d’acoustique, d’accessibilité. Ce n’est pas toujours simple car il y a souvent des antinomies.