Une politique de développement industriel

publié le 20 novembre 2007 (modifié le 5 mars 2008)

 

Versailles, naissance d’une politique industrielle et de transports à l’échelon national

Vue de la machine de Marly
Vue de la machine de Marly
(détail, par Pierre-Denis Martin, XVIIe siècle, cliché RMN)

Très rapidement, les ressources locales en matériaux ne suffisent plus à alimenter le chantier, et Colbert va faire venir de tout le royaume ces matériaux, déployant une véritable politique industrielle.

Une véritable politique industrielle va se mettre en place pour alimenter les immenses besoins en matériaux du chantier. Les besoins en eau vont entraîner la construction d’un canal de cent kilomètres de long pour acheminer les eaux de l’Eure. Matériau stratégique, la pierre fait l’objet de toutes les attentions, et l’on va la chercher dans tout le royaume. Une politique de développement industriel à l’échelon national se développe peu à peu. Des raisons politiques vont pousser la France à accroître sa production de marbre, de charbon, mais aussi la fabrication des miroirs et des glaces. Pour faciliter l’acheminent des ces matériaux, le Roi va supprimer les taxes et péages perçus sur les trajets. L’évaluation des besoins en matériaux reste pour sa part plus aléatoire et l’on estime que le surstockage dans les magasins royaux était vraisemblable. Sur place, plusieurs magasins permettaient de stocker ces matériaux. La fabrication des glaces, grâce à l’invention d’un nouvelle machine à polir, connaît un progrès technologique considérable à partir de 1680.

Dans le domaine hydraulique, les canalisations en fonte supplantent les ancestrales canalisations en bois ou en plomb. En matière de jardinage, l’usage de serres se généralise. L’aspect important du secteur hydraulique va permettre de nombreux progrès technologiques. Ainsi, on va inventer une pompe actionnée par des chevaux qui débitera jusqu’à 600 m3 par jour en 1666. Ce débit sera porté à 2 400 m3 en 1673. Marly mettra au point une machine pour élever les eaux à 163 mètres au dessus de la Seine et alimenter deux aqueducs pour l’acheminer jusqu’à Versailles.