VICARIOT Henri

publié le 29 novembre 2007 (modifié le 6 février 2009)

(1910 - 1986)

(1910 - 1986)

A la fois architecte et ingénieur, Vicariot fait partie de la lignée des grands bâtisseurs d’ouvrages d’art et de bâtiments publics, sachant allier rigueur et innovation dans la construction, notamment des aérogares, "sa spécialité".
Polytechnicien, Henri Vicariot commence une carrière d’officier du génie. Après l’armistice de 1940, il entreprend sa reconversion, entre à l’Institut d’urbanisme de Paris, effectue des études d’architecture, puis entre sur titres à l’École des ponts et chaussées, dont il sort major de sa promotion en 1947.

Puis à l’Aéroport de Paris, où il fera presque toute sa carrière, construisant pratiquement tous les bâtiments édifiés sur l’aéroport d’Orly depuis la guerre, de la première tour de contrôle aux hangars de la zone d’entretien des avions, des ateliers aux bureaux.

Mais ce sont les grands travaux d’agrandissement d’Orly, nécessités par le développement rapide du trafic aérien, qui permettent à Vicariot de démontrer tout son talent de bâtisseur.
En 1957 débute la construction de l’imposante aérogare d’Orly Sud (750 m de longueur), la première aérogare moderne d’Europe, qui sera mise en service en 1961. Le trafic continuant à progresser, Vicariot doit bientôt mettre à l’étude le projet d’une seconde aérogare. Il dessine également, en ingénieur complet, toute une série de ponts destinés à permettre le franchissement des pistes.

Pour les bâtiments publics et les aérogares en particulier, Vicariot est partisan d’une architecture sobre, classique et pérenne, reflet de son époque sans être marquée par une mode. Un voyage aux Etats-Unis se révèle décisif pour l’affirmation de son style de construction. Impressionné par la transparence des façades américaines, il est le précurseur en France du mur-rideau et de l’utilisation de nouveaux matériaux comme le verre émaillé, l’acier inoxydable, l’aluminium anodisé, dont les aérogares d’Orly sont de parfaits exemples.
De son expérience américaine, Vicariot rapporte une méthodologie imposant des études préalables très complètes et minutieuses, afin de réduire les aléas et imprévisions lors des travaux. Passionné par l’architecture intérieure, il préconise la constitution d’équipes d’architectes, d’ingénieurs et de décorateurs, rassemblant ainsi toutes les disciplines auxquelles doit recourir le constructeur moderne.

Mais Vicariot ne se contente pas de construire des bâtiments, il développe une conception d’ensemble de l’aménagement des installations, un urbanisme aéroportuaire, tout comme on le ferait pour une ville.
Reconnu internationalement comme un spécialiste de l’aménagement des aéroports, Vicariot exporte son savoir-faire dans de nombreux pays, de l’Europe à l’Asie. Il exerce également son talent en France dans la construction de bâtiments insolites, tel le four solaire d’Odeillo dans les Hautes-Pyrénées et collabore avec la RATP pour l’aménagement de la gare du RER à la Défense et de plusieurs stations du réseau urbain.